CHAPITRE IY. gj
<le Neuwied, effectué leur passage et fait quelcpzes progrès : délai précieux , à la faveur duquel les autres troupes auraient eu le loisir de se,/if>ncentrer sur ]a Siee.
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oi ces observations prouvent qu'il n’y a point de bonne position entre la Sieg et la Lahn, il est visible qu’on ne pouvait garder le pays qu apres une affaire décisive. Le lieu le plus propre à l’engager, était celui qui présentait le plus d obstacles aux Français, et de facilites aux Autrichiens pour manoeuvrer ; c est-a-dire , dans la contrée ouverte aux pieds des montagnes , ou la ligne des derniers, moins étendue et plus réunie , leur permettait de se concentrer pendant que les premiers défileraient , et où 1 on était certain de les restreindre à Ja ligne d’opération sur laquelle" on marchait à leur rencontre ; en un mot enfin , sur la Basse Sieg.
Si les 1 5,ooo Autrichiens qui restaient au prince de Wurtemberg , après le détachement de 5,ooo hommes qu il fit a Neuwied , avaient été placés à la reprise des hostilités à Ukerath, centre de la ligne, où le passage de la Sieg est le plus facile , et ou le terrain découvert permet les marches de flanc; nul doute qu informés du point de passage , ils n’eussent marché au-devant des Français , et qu’ils ne
les eussent battus, en les abordant avec vigueur.
En cas d’échec , la retraite des Autrichiens était toujours sure par la grande route , cai il fallait avant tout forcer Neuwied , et achever le passage, ce qui demandait du temps; d ailleurs les Français se trouvant divisés, quand bien même ils auraient obtenu 1 avantage, ils ne se seraient avancés qu'avec beaucoup de lenteur et de circonspection, tandis que leurs adversaires eussent opéré leur retraite eu toute diligence sur la route. A la vérité, les premiers étaient supérieurs en nombre sui la Sieg, mais la disproportion entre les partis n'était pas telle , qu’on n y pût remédier par une attaque vigoureuse, durant ou aussitôt après le passage.
11 semble que ce soit une faute contre les règles d'attaquer un ennemi supérieur en nombre, près de s’engager dans im terrain coupé , au moment où il traverse une contrée ouverte , et avant qu il ait divise ses forces , mais il n’est pas de règle sans exception, et c’est bien ici le cas. Si les Autrichiens n avaient eu pour but que d’arrêter la marche des Français entre la Sieg et la Lahn , il eût été sans doute plus prudent d’attendre que leurs forces fussent partagées en plusieurs colonnes iso-