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CHAPITRE V. 6g

néral Lefebvre faisait un crochet derrière le ravin de Steinbach, d'Ober -Tieffenbach et Nieder- Tieffenbach. Ces deux dernières devaient observer toutes les routes qui partent de Weilburg et de Wezlar, et placer en conséquence leurs avant-postes entre Munchhausen et Leunen : elles en avaient au pont de ce dernier endroit et à Weilburg , qui se liaient au camp d’Herborn. La cavalerie du général Bonnaud formait réserve derrière l’aile gauche.

Cette position ne remplissait pas le but du général en chef, soit que son intention fût de se tenir sur la défensive , soit qu’il voulût prendre l’offensive; car le terrain depuis l’embouchure de l’Els jusqu’au Rhin , qui ne convenait à aucune opération, se trouvait occupé par trois divisions , tandis que celui au-dessus de la Lahn , qui pouvait leur servir de théâtre , l’était seulement par deux. Le blocus d Ehrenbreitstein ne devait pas occuper dans ce moment le général français , et encore moins lui faire commettre une faute pareille. Cette forteresse est bâtie sur un rocher élevé, environné de vallées profondes et escarpées, et renferme une si petite garnison, qu elle ne peut nuire à une armée qui s’avance , ni faire d’entreprises sur ses communications. Il importait peu que les Autrichiens entretinssent des rapports avec

elJe, vu que le terrain ne leur permettait pas d opérer sous sa protection; il était indifférent aussi qu ils l’approvisionnassent pour plus longtemps, parce que son occupation ne devait avoir aucune inlluence sur les opérations ultérieures.

Les Impériaux sentirent le peu d'importance de la Lalxn inférieure; après l’arrivée de leurs renforts , ils tinrent toute la contrée de la Katze au Rhin , vis-à-vis de Rheinfels, jusqu’à Oranienstein , avec une simple chaîne de 12 bataillons et 11 escadrons, soutenue, en arrière de Dietz, par une réserve de 4 bataillons et de 9 escadrons.

La position de l’aile gauche de l’armée française était aussi vicieuse que celle de la droite; la division Lefehvre formait un flanc si étendu , que sur aucun point de cette partie , la plus faible, il ne se trouvait assez de troupes.

L’on ne doit faire de crochet que dans un moment critique; cela ne procure jamais qu'un secours momentané , et en principe , il faut l’éviter dans toute position. Il remplissait d’autant moins son objet ici , que la configuration du terrain le rendait inutile , et qu il ne raccourcissait pas la ligne. 11 y avait aussi loin d Ober-Tieffenbach à Herborn, où il s’appuyait au corps du général Soiüt , qu’aux hauteurs en

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