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CHAPITRE V, 'ji

avant de Wezlar : l’on avait des deux côtés également la Dille pour appui.

Près d’Herboru l’on barrait , à la vérité , la chaussée de Wezlar à Siegen, qui traverse en cet endroit la Dille, mais on pouvait aussi bien en interdire l’usage à l’ennemi , en prenant position sur les hauteurs en arrière de Wezlar; car cette rivière coule si près de leur gauche , elle a un si grand nombre de ponts et de gués , qu’on peut la passer par-tout et plonger la route , tant que l’adversaire n’a pas nettoyé les environs de Wezlar, et assuré les flancs de ses colonnes.

Ces observations qui démontrent les vices de la position en elle-même , acquièrent encore plus de poids, si l’on se rappelle que Jourdan voulait prendre l’offensive , et que le terrain entre Limburg et Wezlar lui offrait de grands avantages sous ce rapport.

Une marche en avant sur l’aile gauche ennemie près de Wezlar, l’aurait trop éloigné de ses communications, et eût exigé trop de troupes pour être couverte./ L’attaque vers Limburg n’était pas sujette à cet inconvénient , mais il ne fallait pas moins déployer de vi-j gueur et de célérité pour y forcer la Lahn , soit qu’on voulût s’en rendre maître à force ouverte , soit par surprise. Or la position qu’on

avait prise, ne permettait ni i un ni l autre; et quand bien même on aurait eu , dès Je commencement, Je projet insignifiant de se tenir sur la défensive derrière cette rivière , la répartition des troupes n'eût pas encore rempli ce but. Une division pouvait aussi bien occuper les hauteurs de Wezlar que le pont de la Dille , pour repousser les troupes légères de l’ennemi qui y rôdaient. Quatre divisions , réunies à la cavalerie , devaient s’établir visà-vis de Limburg, prêtes à s'avancer ou à se porter sur le point où les Impériaux auraient voulu percer en forces. Une seule eût suffi pour observer Ehrenbreitstein , occuper Montebauer, et couvrir la route d'une chaîne de postes. L’ennemi aurait opéré difficilement contre le flanc de celte position , car il eût compromis ses communications par un défaut inhérent aux manoeuvres de flanc ; d'ailleurs , ce que l'on peut tenter contre des troupes dispersées, devient dangereux à l'égard d’un corps concentré.

Jourdan qui était resté dans les environs de Goblentz et qui delà avait dirigé les opérations de l'armée, vint prendre, le i3, le commandement des troupes qui se trouvaient en position sur la Lahn. Il fit faire aussitôt la reconnaissance des passages et du terrain, afin

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