CHAPITRE V
vision; elle consistait en 6 bataillons et 28 escadrons , établis aux environs de Nauheim , derrière Limburg.
L’ordre de bataille ci-contre , renferme le détail des positions des Autrichiens, avant le passage de la Lahn.
La marche de l’Archiduc sur cette rivière était bien ordonnée (1), car pour arriver avec célérité, il fallait prendre la route où l’on pouvait forlaer plusieurs colonnes , et cotoyer les montagnes les plus escarpées. Le dispositif du passage aurait rempli également son but , s’il avait eu lieu le même jour. Le prince Charles perdit inutilement vingt-cpiatre heures , en le différant jusqu’au 16. Aussi pour obvier à cet inconvénient, il prescrivit au général W errieck de suivre l'avant-garde , et d’occuper encore le
(1) L’Archiduc ne voulant pas attaquer Jourdan dans le Hundsriick, aurait pu partir le 7, et arriver le 12 à Limburg avec 65 mille hommes. L’armée de Sambre et Meuse, un peu trop étendue, eût été probablement accablée, et sa gauche fort compromise à Wezlar ou Steinbach. Ce parti aurait peut-être mieux valu qu’une marche sur Wezlar; mais puisqu’on adopta cette dernière opération, il semble que l’Archiduc commit une faute grave, en laissant inutilement des forces si considérables entre Limburg et l’embouchure de la Lahn, où elles restaient exposées sans motif.
i5, avec le corps qui était derrière Wezlar, les débouchés et les hauteurs en avant de la ville; les Saxons reçurent ordre de venir le
remplacer.
Jourdan informé de toutes parts de l’arrivée des Autrichiens dans les environs de "VVezlar, ne douta plus de leurs intentions. En conséquence, la division Lefebvre reçut Tordre d’appuyer à gauche , de prendre position entre Greifenstein , Oberbühi, et de repousser tout ce qui ferait mine de passer la Dille ou la Lahn; mais il était déjà trop tard; une seule division ne pouvait remplir cette tâche.
Rien n’est moins propre à arrêter un ennemi qui se déploie pour nous déborder et nous prendre en flanc, qu’un pareil mouvement ou une marche vers le point menacé. L’avantage de cette manoeuvre est pour celui qui en a l'initiative , et les tètes de colonnes qui vont au soutien du point débordé sont toujours prévenues , forcées de se retirer subitement , ou engagées dans un combat désavantageux. Pour éviter d’être tourné , il faut se porter avec toutes ses forces, sur les communications de l’ennemi , lorsqu’on le peut sans risque pour les siennes , ou tâcher , par un mouvement rétrograde, d’arriver plu-