‹ Vol. 2Chapitre 51 sur 157 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

croyait se maintenir sur la rive droite du Rhin , après avoir été repoussé de Montabauer , il se trompait grossièrement.

Dès l'instant où les Autrichiens eurent débouché en forces sur Wezlar, et furent établis sur le liane gauche de l’armée de Sambre et Meuse, celle-ci, dans la position défavorable où elle se trouvait, ne pouvait prendre d’autre parti que de repasser le Rhin. Si Jourdan avait attendu l’attaque de l’ennemi , son armée eût été battue en détail, détruite ou jetée dans les montagnes entre l’Els et le Rhin. 11 ne lui était possible de se concentrer pour livrer bataille que sur l’Els , dont son aile droite était aussi éloignée que l’ Archiduc; avec cette différence , que celui-ci avait à parcourir des contrées ouvertes , et l’autre , au contraire , des montagnes impraticables. La bataille aurait eu lieu dans la position la plus désavantageuse pour l’armée , dont le front se serait trouvé faire face à la Dille d’un côté et à la Labn de l’autre. Jourdan ne pouvait rassembler ses troupes dans une position en arrière , avant que l’Archiduc ne l’atteignit et ne déjouât ce projet, parce que les Français étaient séparés; les Autrichiens , au contraire , étaient disposés pour des mouvemens plus prompts et plus faciles , ayant déjà gagné et même dépassé la ligne de leurs adversaires. Il ne restait donc

g6 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1796.

au général français que le parti de se retirer x comme il lit : tout autre eut été dangereux.

En s’y déterminant , il servit mieux la France que s il eût remis aux chances incertaines d’une bataille , le succès de la diversion qu'il devait opérer en faveur de l'armée du haut Rhin. En effet, s'il l’avait perdue il eût donné à ses adversaires la faculté de disposer de toutes leurs forces selon leur gré, et sans inquiétude pour la suite des opérations ; en conservant au contraire sur le bas Pdiin une armée intacte et en attitude imposante , il força les Autrichiens à perdre un temps précieux poulie suivre surlaSieg, et à détacher plus tard une armée considérable pour l’observer. Par cela même Jourdan se trouva bientôt en état de ressaisir les avantages auxquels il paraissait renoncer en refusant le combat.

L’Archiduc mesurant le danger de sa situation, n’était pas sans inquiétude pour le haut Rhin. Dès le 21, il concentra les Saxons près d'Ober - Hadamar , et les fit marcher sur le Ne cher.

D'autres troupes des environs de la Lahn et du camp de Heclitsheim , eurent la même destination. Le Prince se décida à marcher avec elles , et confia au général d'artillerie Wartensleben le commandement des 87 bataillons et 76 escadrons; c’est-à-dire, des 25,35i

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