CHAPITRE VI. IO
4e petit bras du Rhin. On établit en même temps un pont de bateaux d’Erlenkopf à la rive droite , tandis que le pont volant servait de communication entre les deux rives; 59 bataillons et 74 escadrons étaient sur la droite du fleuve , ou sur le point d’y passer. Le soir, Desaix fit emporter le village de Neumülil. L’infanterie de la division Ferino appuya pendant la nuit sa gauche au Rhin , derrière Spitalliof , et sa gauche en arrière de Sundheim ; la division Beaupuy entre Sund-: heim et Kehl. 11 était donc désormais impossible , avec les moyens qui restaient sous la main , d’arracher au Général français les avantages qu’on aurait pu lui disputer le 24 , ou la nuit suivante.
Dès que l’on s’aperçut que tous les mouvemens des Français n’avaient pour but que de faciliter le passage du Rhin à Kehl , 2 bataillons et 4 escadrons autrichiens marchèrent de Stollhofen sur la Rench; 2 bataillons qui rejoignaient le général Froehlich , se dirigèrent en toute hâte, d’Offenburg à jNeumühl ; tandis que le duc d’Engliien rassembla près d’Altenheim 2,000 hommes du corps de Coudé. C’était bien fait : une attaque vigoureuse avant que les Français eussent pris pied et achevé leur pont , pouvait avoir une heureuse
issue ; et en cas d'échec , ii n’en résultait pas encore de conséquences fâcheuses.
-Mais les généraux qui avaient tant d’intérêt à agir de concert, étaient indépendans; circonstance dont il résulta le plus grand mal. Ils 11e prirent aucune résolution ; pas même celle d'abandonner les bords du Rhin, et de se concentrer près d’Offenburg , à l'entrée de la vallée de la Kintzig , ou dans la belle position de Bühl.
Le a5 juin, il arriva 4 bataillons et 6 escadrons de renfort : alors seulement , on se décida à attaquer l’ennemi dans la nuit; mais déjà la plus grande partie de ses troupes établie sur la rive droite , avait pris possession de Neumiïhl ; et son avant-garde avait été poussée sur Lings , route de Rastadt. Au lieu de s’avancer en forces sur Offenburg, et d’attirer à soi tous les détacbemens qui se trouvaient dans les environs, on convint que le contingent de Souabe avec [\ bataillons et 3 escadrons autrichiens, s'avancerait entre la Kintzig et la Schutter: une seconde colonne devait menacer Kehl , tandis que le duc d'Engliien couvrirait le ilanc gauche de la première. Les troupes étaient déjà formées et en mouvement, lorsque les Français culbutèrent les avant-postes à JNeumühl. Ce nouvel échec