CHAPITRE VI
décida Stain à renoncer à une attaque et à se replier sur Biilil.
Moreau en général habile, concentra ses forces au point décisif; les troupes qui avaient combattu en avant de Mannheim, se rendirent dans la nuit du 2 5 , derrière la Queich, pendant que son adversaire se contentait de rassembler les détachemens les plus rapprochés. Le général Latour se mit en marche avec la petite réserve qui était aux environs de Schwetzingen , et donna l’ordre à 5 bataillons et 4 escadrons du camp retranché de Mannheim , de le suivre sans délai. Toute la rive droite du Rhin n’en resta pas moins garnie, et l’on commit encore la faute de laisser Froehlich , avec dix mille hommes, dans le Brisgaw sans destination. Par suite de cette négligence, Latour s’ôta tout moyen , je ne dis pas seulement de repousser l’ennemi sur le Rhin , mais encore de l’empêcher de gagner la vallée de la Kintzig ; ce qui divisa l’armée autrichienne , et la mit dans l’impossibilité de se réunir. Le 26, il s’engagea une escarmouche , où les Français repoussèrent les avant-postes ennemis sur la Kintzig , et occupèrent Kork.
Le prince de Fürstenberg avec 4 bataillons et 6 escadrons autrichiens formant environ 4,ooo hommes , était le 25 à Membrechtshofen
sur la Rench; le general Sztarray avec 3 bataillons et 2 escadrons forts de 3,ooo hommes, occupait Urlofen , Zimmern et Appenweier ; les troupes de Souabe réunies à des détachemens autrichiens, faisant ensemble 17 bataillons et 10 escadrons, environ 3, 000 hommes , appuyaient leur gauche de Bühl à la Kintzig , et leur droite a Romersweier aux montagnes; elles poussaient leurs avant-postes à Wilstædt , Sand et à la foret d’Urlofen; le duc d’Enghien, avec 2,000 hommes du corps de Condé , avait posté son infanterie dans la forêt de Schutter , et la cavalerie à Langenhurst; c’était donc en tout 17,000 hommes éparpillés dans un grand demi-cercle coupé de rivières, de marais et de bois, qu'on opposait à Moreau, qui avait réuni au centre 5y bataillons et 74 escadrons, ou 53,ooo comhattans (1). Combien d’avantages pour la France , quels désastres pour l’Autriche , ne devaient pas résulter d’une telle situation !
(1) Il est vrai que Moreau pouTait rassembler 5î mille hommes, s il avait attiré à lui l’aile droite; mais comme il 1 avait laissée en partie sur le haut Rhin et en partie dans les environs d’Huningue, ses forces ne s’élevaient alors qu'à 34 mille combattans.