‹ Vol. 2Chapitre 68 sur 157 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

taient portés à Graben. L’Archiduc se décida à se réunir au corps établi sur la Murg , et à attaquer l’ennemi dans la vallée du Rhin et les montagnes qui la bordent. Il se rendit en

nison de Mayence, et la majeure partie de l’armée de Wartensleben , pour se jeter rapidement sur celle de Rhin et Moselle , qui n’ayant pas de tête de pont , n’aurait pu reparaître de long-temps sur la rive droite, si elle avait été forcée, par suite d’un échec, à repasser le fleuve. Le prince Charles , arrivé à Schwetzingen le 2 juillet , pouvait être rendu le 6 à Rastadt , et y attaquer Moreau avec toutes chances de succès. Il suffisait de laisser à Wartensleben un petit corps, dont l’infanterie aurait pu, à la dernière extrémité, se jeter dans Mayence pour en compléter la garnison, et dont la cavalerie eût rejoint plus tard l’armée du haut Rhin. Moreau une fois repoussé sur la rive gauche du Rhin, l’Allemagne était sauvée, et les efforts de Jourdan pour rétablir les affaires auraient été en pure perte. En effet, s’il s’était avancé sur le Necker, il n’en eût été que plus fortement compromis. L’Archiduc manœuvra avec habileté, cependant il ne prit que des demi-mesures pour l’exécution de son projet stratégique; delà vient qu’il fut forcé à la retraite. La direction concentrique qu’il donna à ses différens corps, répara à la vérité tout ce que ses premières opérations avaient eu de défectueux. On peut croire néanmoins que si les deux armées françaises avaient fait le moindre mouvement pour se réunir, elles eussent dérangé ses combinaisons et anéanti toutes ses espérances.

conséquence le 4 r de Wiesenthal au camp de Mühlburg , et le 5 sur les bords de la Murg. Le combat de Kuppenheim et la bataille de Malscli , furent une conséquence de cette résolution.

Pour asseoir un jugement avec connaissance de cause sur la conduite de 1 Archiduc , depuis le passage du Pdiin de Moreau , jusqu'à la bataille de Malsch , il est nécessaire de partir du point de vue sous lequel se présentèrent les événemens , et de la position où il se trouvait lorsqu il forma son projet. Dès qu’il fut informé du passage du Rhin à Kehl par les Français , il vit bien que cette entreprise était d'une importance majeure. Les Autrichiens , affaiblis par le départ de Wurmser dans le Tyrol, étaient bien assez forts pour résister à une des armées françaises , mais hors d'état de tenir tête à toutes deux. 11 devait donc supposer que leur plan tendrait à diviser ses forces, et que le passage de Moreau sur le Rhin serait bientôt suivi de celui de Jourdan sur le cours inférieur de ce fleuve. Le but de cette opération pouvait être de réunir leurs deux armées entre le Necker et le Mein, pour en former un corps d'observation qui eût favorisé le blocus et le siège des places du Rhin, ou bien de prendre l'offen-

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