CHAPITRE VII
sive contre les frontières de l’Autriche , menacées à cette époque, du côté de lltalie. La dernière supposition paraissait la mieux fondée ; en effet , ce parti était le plus avantageux à la France. Les places allemandes du Rhin n’apportaient, par leur situation, aucun obstacle à l’exécution de ce plan; leur siège eût exigé trop de temps , et l’on pouvait d’ailleurs atteindre le but avec moins de peine, en s’avançant contre l’Autriche. Mais où cette jonction et cette attaque étaient-elles plus favorables à l’ennemi? Nul doute que ce ne fût sur le haut Necker et sur le Danube, car c’est de là que part la route la plus commode et la plus courte, qui mène au cœur des Etats héréditaires de l’Autriche, et que la jonction avec l’armée d’Italie devenait possible.
L’Archiduc inféra de là que le pays arrosé par le haut Necker et le Danube était le plus important à conserver, et que la marche de l’ennemi sur les routes qui y conduisent devenait dangereuse , pour ne pas dire décisive contre lui. Frappé de cette vérité , et dans l’impossibilité de partager ses forces pour s’opposer efficacement à l’armée de Sambre et Meuse; loin de laisser comme il fit, 36 mille hommes sur la Lahn, outre 27 mille dans Mayence et le camp retranché de Hechtsheim , il aurait dû
se borner à placer un petit corps d'observation sur la rive gauche de celte rivière, et se diriger sur-le-champ avec l’année vers cette contrée par la route dite jBet'gstrasse, ne laissant dans Mayence cpie les troupes nécessaires pour le mettre à l’abri d’un coup de main. Alors il était certain de brusquer la décision des affaires sur le haut Rhin. De son côté, Wartensleben aurait dû se contenter d’observer l'ennemi, et de gagner, en cas de nécessité, le pays entre le Rhin et le Piecker, après avoir complété la garnison de Mayence.
L'affaiblissement de l'armée du bas Rhin n’entraînait aucune conséquence nuisible aux opérations ultérieures de l'Archiduc. Wartensleben était toujours sûr, malgré son infériorité, d’échapper à Jourdan , en gagnant sur lui une avance , soit en prenant promptement son parti, soit par la diligence de sa marche, ou enfin par le temps qui s'écoulerait avant que les Français fussent informés de son départ , et eussent repassé le Rhin, avance quil eût été fort difficile à son adversaire de rattraper.
Les premières vues du Prince devaient donc être de gagner le haut Psecker et le Danube avant l’ennemi , et de s’assurer du pays ; mais était-il aisé d'y parvenir après que Moreau eut