‹ Vol. 2Chapitre 87 sur 157 · CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l

rière la Lalm , craignant de ne pouvoir tenir tête à F ennemi; 4 bataillons de renfort lui étant arrivés de Mayence, il borda cette rivière de Labnstein à Weilburg, avec 1 8 bataillons et 35 escadrons , dont le gros fut placé derrière Limburg, et les troupes légères sur la rive droite.

Cependant les Autrichiens étaienthors d’état de garder la position de Neukirchen; leur gauche manquait d’appui, et tout retard dans la retraite pouvait leur devenir funeste. Elle s’effectua le 5, sur deux colonnes : l’une se rendit par Herborn, dans la position du Galgenberg , en arrière de Wezlar; la seconde, par Greiffenstein et le pont de Leunen, à Solms et Braunfels. Kray se retira de Dillenburg , par Bicken , à Giessen derrière la Lahn.

De son côté , Kleber avait mis en marche la division Bonnard sur Triedorf , et celle de Collaud sur Herborn , afin d’attaquer le flanc droit de la position de Neukirch. Les troupes qui y étaient établies se seraient trouvées , par cette manoeuvre , dans une position critique et presque coupées. Jourdan voulait en même temps faire une démonstration contre leur gauche ; il ordonna en conséquence aux divisions Grenier et Championnet, qui avaient opéré le 5 leur réunion près de Molsberg, de marcher le lendemain, la première à Herchen-

l6o HISTOIRE DE LÀ CAMPAGNE DE 1796.

rod , l'autre à Waldenbuch. Bernadotte et Poucet devaient couvrir cette marche, en prenant position à Molsberg.

Les Autrichiens avaient pris le plus mauvais de tous les partis en gardant, le 5, la position de JNeukirchen. Dès que ÎSeuwied fut forcé, le plus sûr pour eux était de se retirer en toute diligence à Limburg, et de s’y concentrer. Quand on attend l'ennemi, et que celui-ci peut arriver par trois lignes differentes , c est commettre une faute que de se placer sur la plus reculée, car on donne ainsi à son adversaire la facilité de se réunir sur les deux autres; il est impossible de couvrir ses flancs , de se battre avec succès , et d’opérer sa retraite sans danger, à moins de la faire à temps dans une position avantageuse, sur-tout quand la ligne d opérations qu on occupe n'est pas la plus importante. En général, une position défensive ne doit être réputée tenable, et il ne convient d’y attendre l'ennemi , qu’autant qu'il ne peut la tourner ; car si elle n'a pas cette propriété, et qu’on s’obstine à la garder jusqu’à ce que l'adversaire vous en chasse par ses manoeuvres , l'avantage est toujours de sou côté : c est justement ce qui serait arrivé, si Kleber, au lieu de détacher la division Lefebvre sur la route de Siegen , et de diriger les deux autres sur Herborn, eût

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