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Vol 2

L’esquif de mon génie, abandonnant la cruelle mer, déploie ses voiles pour voguer sur une onde plus tranquille.

Je chanterai le second royaume où l’àme humaine se purifie et devient digne de monter à la sphère bienheureuse.

Ressuscite, ô poésie funèbre ! muses saintes, inspirez votre disciple ! et toi Calliope, élève ton mode harmonieux ;

Accompagne mon chant de cette voix dont la mélodie blessa les Piérides infortunées désespérant de leur pardon.

La douce couleur du saphir oriental se confondait à la sérénité de l’air pur jusqu’au premier cercle ;

Son aspect ramena la joie dans mes yeux attristés par les régions mortes dont l’atmosphère avait endolori mon cœur.

La belle planète qui invite à l’amour faisait sourire tout l’Orient, et voilait le signe des poissons placé dans son escorte.

Je portai mon attention à main droite, vers l’autre pôle. Je vis quatre étoiles admirées seulement par les premiers hommes.

Leur éclat semblait réjouir le firmament. O septentrion ! contrée veuve, privée de ce ravissant spectacle !

Après m’être détaché de leur contemplation, je me tournai à demi vers le pôle contraire, où le chariot venait de disparaître.

LA DIVINE COMÉDIE

Près de moi se tenait debout un vieillard solitaire et vénérable; un père ne doit point exciter, par son extérieur, plus de respect dans l’ame de son fils.

Sa barbe flottante était à moitié blanche ; sa chevelure pareille ondoyait en double bandeau sur ses épaules.

Les rayons des quatre étoiles saintes illuminaient sa figure, comme si elle eût réfléchi la lumière du soleil.

« Oui êtes-vous, dit le vieillard en agitant sa barbe majestueuse, vous qui avez fui la prison éternelle contre le cours du fleuve ténébreux ?

Qui vous a guidés ? Quel flambeau a éclairé vos pas pour sortir de la profonde nuit dont le linceul enveloppe à jamais la vallée infernale?

Les lois de f abîme sont-elles rompues? ou les décrets divins changés? Comment, maudits, osez-vous pénétrer dans mes grottes? »

Mon maître m’avertit par son geste et sa parole de plier respectueusement le genou et de baisser la paupière.

Ensuite il répondit au vieillard : « Une femme céleste, descendue d’en haut, non ma propre volonté, m’envoya pour conduire charitablement ce mortel.

» Selon ta demande, je t’expliquerai davantage notre condition ; je ne saurais rien te refuser.

» Le voyageur dont je soutiens le pèlerinage n’a pas connu son dernier jour; mais sa folie en précipitait le terme, et il lui restait peu d’espace à parcourir.

» Comme je te l’ai appris, je reçus la mission de le sauver. 11 n’y avait pas d’autre route que celle du lugubre labyrinthe.

» Je lui ai dévoilé toute la race coupable ; à cette heure, je veux lui montrer les âmes accomplissant leur purification sous ta garde.

» Notre course à travers fabime serait un trop long récit. Une vertu de la suprême région m’aide aie diriger ici pour te voir et l’entendre.

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