DD PURGATOIRE. 1R
rone nt d’Orvieto. — Santa Fiora, comté près do Sienne. — Marcelin?, heritier présomptif du tronc d'Auguste, exalté dans l'F.néide, ou peut-être Marcel Malaspina, protecteur du banni.
CHANT VIIe. — Suite de l’entretien de Sordel'.o — Vallée des âmes repentantes. — Le poète y 'oit, assis à l’ombre, Rodolphe, empereur d’Autriche, père d’Albert, apostrophé dans In chant précédent; Ottocare, roi de Bohême , père de Yencc-slas ; Henri III, roi de Navarre; Philippe III , le Camus , roi de France , mort de honte et de douleur à Perpignan , après avoir fui devant Roger d’Oriu, celui-ci le père , celui-là le beau-père de Philippe-le-Bel ; Charles Jcr, roi de Sicile , comte de Provence ; Pierre III , roi d’Aragon , et le jeune Pierre son quatrième fils , frère de Jacques et de Frédéric; Henri d’Angleterre, tils de Richard , enfin Guillaume, marquis de, Montferrat , tué par les habitants d’Alexandrie , dont la mort excita une guerre entre eux cl ses fils ; Constance, épouse de Pierre III. — Beatrix et Marguerite, filles de Bérenger, cinquième comte de Provence , épousèrent l’une , Saint-Louis, la seconde, Charles d’Anjou. Chacun remarquera dans ce passage, comme en plusieurs autres, l’àcre injustice et la partialité du barde proscrit contre les maisons de France.
CHANT VIIIe. — Apparition du serpent dans la vallée des âmes. — Les deux anges gardiens. -—Dante reconnait l’intègre Nino Visconti de Pise , juge de Gallura en Sardaigne; sa femme Béatrice d’Este avait quitté les bandeaux blanc? , habit des veuves , pour épouser en secondes noces Galéas Visconti de Milan , dont la famille portait pour emblème dans ses écussons une vipère qui vomit un enfant ; les armes de Nino , un coq dans un champ d’azur. — Les trois astres illuminant le pôle enflammé représentent les trois Vertus théologales , comme les quatre étoiles du sud, les cardinales. — Conrad Malaspina, seigneur de la Lunigiane, prédit au Dante l’hospitalité dont il jouira chez son fils, Marcel Malaspina, pendant les jours prochains de l’exil.
CHANT IXe. — Vision deV aigle. — V ange gardien du Purgatoire.-- Figure comparée de l’aurore avec le scorpion. — L’aigle symbolise tour à tour la gloire, le vieil oiseau divin, le signa impérial. — Lucie, la grâce divine. — Selon les anciens philosophes, la sphère du feu s’élève au-dessus de la sphère de Pair, immédiatement sous le ciel de la lune. — Les sept lettres imprimées par l’ange sur le front de Dante sont l’emblème des sept péchés capitaux : chacune s’effacera
par degrés à mesure qu’il franchira les sept cercles du Purgatoire Les trois gradins, sur lesquels
posent les pieds de l’ange , marquent d’après les théologiens : le premier, la sincérité de la confession. — Le deuxième, la contrition. — Le troisième , la satisfaction La clef d’or, la science
nécessaire au prêtre pour juger ; la clef d’argent, l’autorité qu’a l’Eglise d’absoudre. — Lucain , troisième livre de la Pharsale , rapporte que César ordonna de dépouiller le trésor public de scs richesses, malgré la résistance de Métellus. — Les anges répandus sur toute l’échelle expiatoire, dans des formes variées , avec des altributs infinis, commencent cette hiérarchie mystérieuse dont le dernier terme remonte, à travers les splendeurs du Paradis, jusqu'au triangle divin. La mythologie païenne de l’enfer s’éclipse devant la théogonie catholique.
CHANT Xe. — Sculptures de la montagne sainte. — Une des plus belle?, l'admirable légende de Trajan et de la veuve. Voici la fin. L’Empereur ayant fait chercher le meurtrier, ce meurtrier se trouva être son propre fils. Alors il demanda à la veuve si elle exigeait la mort du coupable, ou si elle voulait l’accepter pour fils à la place du sien tant pleuré. La veuve adopta le fils de Trajan selon la légende. Saint Grégoire , touché de la haute vertu de l’empereur païen supplia Dieu de l’admettre au rang des élus. Le génie Dantesque rachète ses écarts en déifiant les grandes victoires de la morale divine et humaine dans sa théologie.
CHANT XI. — premier cercle. — L‘ s âmes orgueilleuses. — Humbert, errnte deSanta Fiore, issu de Guillaume Aldobrandeschi. Son arrogance le fit tuer par les Siennois, à Campagnatico, dans les Marenmies. — Oderisi d'Aggubio, dans le duché d’Urbain peint rc enlumineur. — Franeesuc
NOTES
Je Bologne , maître en miniature. Cimabué , mort en 1 300 ; Giotto , mort en 1333, tous deux peintres célèbres et amis de Dante. — Un Guido (Cavalcanti son plus cher ) surpassa, dit-il, Tautre Guido (Guinicelli, poète et philosophe de Bologne). — Provenzano Savani, citoyen illustre deSienne, ayant appris qu’un de ses amis était prisonnier de Charles d’Anjou , et qu’on exigeait 10,000 florins d’or pour lui rendre la liberté, se mit à genoux au milieu de la place. Dans cette humble posture et frissonnant de tous ses membres , il attendit que le peuple, ému par ses prières , jetât sur un tapis pièce par pièce la rançon entière de son ami : exemple amer pour le lier Gibelin proscrit, doni Florence réclamait une amende honorable.
CHANT XIIe. — Nouvelles sculptures de la montagne.— Traditions profanes et sacrées, éternelles et doubles sources d’enseignements moraux : — Personnages connus de l’histoire et de la Fable , Lucifer, Briarée, Nembrod constructeur de la Tour de Babel , Thymbrée ( Apollon ) Niobé, Saiil, Itoboam, Araeliné, Sennacherib roi des Assyriens , et Alcméon qui tua sa mère Ervpile pour venger son père Amphiaraüs, trahi par la malheureuse pour un collier d’or ; puis Thomyris reine de Scythie , et Cyrus , roi de Perse , tué dans une bataille contre les Scythes. — L’église de San Miniato domine Florence près le Pont de Rubacante. — L’ange efface une des lettres sur le front du poète) pèlerin : celle de l’orgueil.
CHANT XIIIe. — deuxième cercle. — / es envieux. — Sapia, noble siennoise, dont le nom italien signifie sage ; exilée à Colle , elle se réjouit du malheur de ses compatriotes. Les prières de Pierre Pétinagno, ermite florentin, obtinrent la grâce de son âme. — Les Siennois, se croyant déjà une grande puissance maritime, avaient acquis le port de Talamone dans la Méditerranée ; mais ses amiraux en furent pour leurs frais, comme peu d’années auparavant dans leurs fouilles pour découvrir une prétendue rivière souterraine appelée Diana. Le chant se termine par cette allusion satirique comme pour contraster avec les douloureuses peintures des mendiants et des âmes aveugles.
CHANT XIVe. — suite du deuxième cercle. — Guido del Duca de Brettinoro, s’adressant à Rinieri , invective les habitants riverains de l’Arno dans tout son cours depuis Falterona , montagne de l’Apennin détachée du Pelore, promontoire de la Sicile , suivant l’opinion de ceux qui considèrent l’Italie comme lui ayant été jointe autrefois. Habitants riverains désignés : Ceux du Casentin , les pourceaux; ceux d’Arezzo, les roquets hargneux ; les chiens transformés en loups, les Florentins ; etlesPisans, les renards. — Le petit-fils de Rinieri, désigné dans la même apostrophe, podestat de Florence en 1302, et gagné par les noirs, fit enfermer et massacrer les principaux blancs. — Plus loin , Licio de Valborne et Arrigo Manardi, de Faenza , ou selon quelques-uns Bretinoro, seigneurs magnanimes ; Pierre Traversaro , noble de Ravenne , maria sa fille à Etienne roi de Hongrie. — Allusion à Lamberlucio, forgeron devenu grand seigneur. — Guido de Prata , Ugolin d’Azzo et les autres personnages rapportés sont l’élite du vieux temps. — Le castel de Brettinoro et les autres de la Romagne, gouvernés par de petits despotes. — Les Pagani, famille d’Imola. Un d’eux, à cause de son astuce et de ses crimes , avait été surnommé le Diable. — Une ombre crie les paroles de Caïn. — La deuxième Aglaure, fille de Cécrops , possédée par les furies, se précipita, dans un transport jaloux, du haut de la citadelle d’Athènes.
CH4NT XVe. — Vision extatique de Dante. — D'abord la Vierge retrouvant son fiis dans le temple au mileu des docteurs; puis l’épouse de Pisistrate tyran d’Athènes, lui demandant vengeance d’un jeune Athénien coupable d’avoir embrassé sa fille; le martyre de saint Etienne, exemple de résignation. — L’ange a effacé sur le front du poète la deuxième tache: celle de l’envie.
CHANT XVIe. — troisième cercle. — Les colères. — Entretien sur le libre arbitre. — Marco le Lombard, noble Vénitien, converse avec Dante, son ancien ami ; et combat les préjugés de l’époque sur l’influence des astres. — Dans son discours contre l’alliance du temporel et du spirituel entre les mains du pontife , il désigne figurativement par la cité véritable le ciel ; par la tour, les devoirs sociaux; par le guide aux ongles non fendus, un conducteur non pur; le levitique déclare