AVIS
Je donnerai à la fin du Paradis, avec le texte lalin, l’indication des Psaumes ou des prières liturgiques dont la Divine Comédie contient les fréquenles citations. Ayant annoncé avec l’appendice une table de comparaisons enire les principaux iraducleurs français, je n'ai voulu inlerrompre mes noies explicatives d’aucune remarque à ce sujet; mais je dois, dès a présent, pour llionneui de Dante, affirmer qu’il est lidiculement Laduit par les anciens, et 1res défectueusement par les nouveaux, nonobstant leurs inconteslables progrès à divers titres, je parle des trois plus estimés : MM. Artaud, Briseur, Fioremino; un seul exemple entre mille. Chant XXVIII. Dans la scène de Mathilde, un des charmants passages, nul n’a rendu l’expression pittoresque de Fiorda Fïore, Fleur de Fleur, ni l’image originale de Traendo più color con le sue mani, en attirant beaucoup de couleur avec ses mains, ni l’épithète caractéristique de alta terra, terre haute, sublime. ( L’Éden). M. Briseut, censé littéral , a mis heureuse pour rendre alta, et les deux autres, l’un académicien familier avec l’Italie , l’autre, Italien, Font passé sons si'ence. Je citerai les innombrables altérations, oublis graves, paraphrases sans but, contre-sens ou affreuses cacophonies dont ces messieurs o t rempli leur travail. En revanche , je signalerai les beaux passages des Etudes poétiques de M. Antoni Deschamps; s’il avait achevé sa traduction en vers, quoique nous différions de système , je n’aurais pas entrepris ma pénible tâche , au milieu de mes ouvrages de création personnelle. Mon unique espoir est de populariser en France par un miroir digue du modèle, et de rendre lisible dans son entier pour la masse dts lectems un des monuments les plus prodigieux d’une époque trop peu explorée, monument dont le public, malgré les apothéoses des écoles littéraires et vingt traductions successives, n’aciepte et ne connaît bien que certains côtés épiso liques. La couleur, le caractère, la physionomie, l’âme divine renfermée dans le poëie, la mélodie et la forme, choses capitales jusqu’à ce jour presqu’mtraduites et a peine senties, voila surtout ce que je m’attache à reproduire dans notre langue, comme à expliquer le sens moral ou symbolique, dans mes travaux interprétatifs ; l'Humère florentin, trop longtemps disséqué par lambeaux, exige cette double initiation généi ale pour être bien compris. J’ai déjà exposé dans ma préfacé mes opinions sur l’art d’interpréter et de transplanter, selon leur nature, les poètes créateurs, art de science morale, de sentiment et de style non moins que de philologie, art fort distinct, je le répète, du littéi alisme brut ou de la paraphrase didactique dont la monnaie courante nous masque encore a demi ou défigure les plus glorieux types anciens et modernes.