‹ Vol 2Chapitre 68 sur 70 · DU PURGATOIRE · texte numérisé non relu

DU PURGATOIRE

CHANT XXVIIe. — Les flammes purificatrices. — Vision de Lia, fille de I.aban, première femme de Jacob, symbole de la vie active ; Rachel, sa sœur, seconde femmede Jacob, symbole de la vie contemplative. — Le soleil allait éclairer Jérusalem , antipode du Purga. toire , où descend la nuit. — Passage des trois poètes dans la fournaise. — Dante se souvient avec une juste horreur des nombreux, autodafés de son époque , et sans doute aussi de l’arrêt qui le dévoue au supp ice du feu.

CHANT. XXVIIIe. — L’Edtn ou le Paradis terrestre. — Mathilde.— Ravissante ouverture égale et non semblable aux tableaux de l'Edende Milton. — La forêt de pins de Chiassi se trouve sur le bord de l’Adriatique, près de Ravenne. — Léandre habitait Abydos, sur la côte de l’Asie ; Héro , son amante, Sestos sur la côte d’Europe. — Chacun sait la fameuse défaite de Xer.xès sur l’Helles— pont. — Mathilde personnilie la comtesse Mathilde , qui enrichit l’église de Rome. — Léthé , mot dérivé du grec ; oubli. — Eunoé , de la même étymologie , bon entendement. — Selon les commentateurs , Eve et Adam n’habitèrent que sept heures l’Eden. — Les gracieuses images du chant sont gâtées par l’abus trop fréquent de la définition scientifique dont je m’efforce toujours d’adoucir, en la reproduisant, la sécheresse littérale.

CHANT XXIXe. — le char mystique. — Départ de Virgile. — Le char personnifie l’Église. — Les sept candélabres, les sept dons de l’Esprit-Saint. — Les personnages velus de blanc, son cortège; les; patriarches et les Israélites croyant à la venue du Christ. — Les sept flammes formant des lignes, les sept sacrements de l’Église. -Les vingt-quatre vieillards , les vingt-quatre livres de l’Ancien-Testament. — La couronne de lis, la Foi. — Les quatre animaux couronnés de feuilles vertes, les quatre évangélistes. — Le griffon, moitié lion, moitié aigle, les deux natures du Christ. — Les deux roues du char, l’Ancien et le Nouveau-Testament. — Les trois femmes qui dansent en rond, les trois vertus théologales : la blanche, la Foi ; l’émeraude, l’Espérance ; la rouge, la Charité.— Les quatre autres femmes vêtues de pourpres, les quatres vertus cardinales, la Tempérance, la Force, la Justice, et la Prudence à l’œil triple. — Les deux vieillards, l’un, avec l’habit des disciples d’Hippocrate, saint Luc; l’autre, armé d’une épée nue, saint Paul — Les quatre personnages d’une humble contenance, les apôtres Jacques, Pierre, Jean et Jude, frère de Jacques Le vieillard en¬

dormi, saint Jean. — Délie ou la nymphe de Délos est la lune. — Tout ce passage est imité avec une. originalité grandiose des prophéties bibliques.

CHANT XXXe. — Béatrice. — Suite des symboles du char. — Le septentrion du premier ciel, les sept candélabres, comme celui du nôtre, les sept étoiles de la grande ourse.— Béatrice, emblème de la théologie : sa couronne de feuilles d’olivier, la sagesse. — Le manteau vert, la draperie d’une couleur ardente, le voile blanc, symboles de l’espérance, de la charité, de la foi.

CHANT XXXIe. — purification de dante par Mathilde. — L’introduction et la vie nouvelle donnent les détails suffisants pour comprendre les discours de Béatrice à son ancien adorateur. Elle lui reproche ses passions frivoles pour d’autres jeunes filles. Les travaux supplémentaires et les poésies du Florentin achèveront de faire connaître le sens réel joint dans ses allusions, selon l’usage, au sens moral ou figuré. Le caractère trop théologique et professoral de l’immortelie sainte altère çà est là dès le début son idéal céleste. Elle est textuellement comparée dans l’italien à un amiral ommandant la manœuvre de ses vaisseaux. J’ai légèrement transformé l’image, comme j ai supprimé, chant XXII, de l’Enfer, la comparaison burlesque des diables aux cuisiniers : seules modifications opérées dans les deux premiers cantiques et consignées avec soin dans mes notes; car, tout en m’appliquant à l’incarner dans le français le plus poétique et le plus pur, je suis assez scrupuleusement mon modèle pour ne pas craindre la critique sérieuse.

CHANT. XXXlIc. — suite des symboles du char. — L'aigle. — Le géant et la p 'nstituée. — Dante écrivait en 1300, dix années après la mort de Béatrice. — L’arbre de la science ravivé par le Christ ou le griffon.— Les septinymphes entourant Béatrice, les sept vertus (étoiles et nymphes, dou-

NOTES

blés emblèmes). Mercure envoyé par Jupiter endormit Argus en lui contant les aventures de la nymphe Syrinx changée en roseaux, et prolita de son sommeil pour le tuer et délivrer Io confiée à sa garde par la jalousie de Junon. — Allégorie des persécutions souffertes par l’Eglise. L’aigle, c’est la persécution des empereurs ; le renard, celle des hérétiques ; le dragon celle de Mahomet ; le char avec les sept têtes, l’Eglise conduite par les sept péchés capitaux ; la prostituée assise sur le char, la papauté corrompue; le géant, le roi Philippe-le- Bel.

CHANT XXXIIIe. — fin des symboles du char. — Selon le peuple, une soupe mangée dans la neuvaine sur la tombe de celui qu’on avait tué mettait à l’abri de toute vengeance. — Les chiffres 500, 5 et 10, produisent trois lettres formant le mot dux, et désignent apocalyptiquement l’empereur Henri VII, ou, selon d'autres, Can le Grand de Vérone. — L’eau de l’EIza couvre d’un tartre épais tout ce qu’on y plonge. — Pyrame, à sa mort, ensanglanta le fruit du mûrier qui de blanc devint d’un pourpre sombre. — Les naïades expliquaient les oracles; elles cachaient sans doute l’emblème de la tempérance et de la vie retirée nécessaire pour pénétrer les secrets de la nature. Béatrice, Dante, Mathilde et Satce, montent dans la région supérieure. Le symbolisme Dantesque, dont les voiles ont 0bscurci tant de savants regards, va se déployer de plus en plusViu milieu des merveilles du Paradis.

Page 1