‹ Vol. 3Chapitre 107 sur 155 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

tinuellement poursuivi. Il résolut en conséquence , de se débarrasser d’abord du corps de Latour qui était le plus rapproché , et de marcher ensuite avec ses forces réunies , contre ceux qui occupaient les montagnes, pour se frayer un chemin dans la vallée du Rhin (i). Il n’y avait pas un moment à perdre pour exécuter cette opération , car il fallait à Moreau, éloigné de quatre à cinq marches des montagnes , plusieurs jours pour repousser l’ennemi des gorges , et former sur une ou deux colonnes l’armée et le train considérable qui avait marché jusques-là sur un plus grand développement. Ainsi le voisinage de Latour allait devenir dangereux s’il n’était pas repoussé avec perte, puisqu’il aurait gagné l’issue des vallées et renouvelé ses escarmouches , avant que toute l’armée française fût arrivée aux défilés. Au

(t) Cette résolution de Moreau est , sans contredit, le plus beau trait de la campagne. Mais nous ne croyons pas qu’il fût si difficile de mettre des obstacles plus sérieux à sa retraite par la Forêt Noire ; et le temps que les Français perdirent par la bataille de Biberacli, aurait même pu leur devenir funeste , si l’Archiduc, dès le milieu de septembre, eût marché un peu plus vivement , dans le but d’opposer une barrière d’airain à l’armée compromise, au lieu de la harceler sur ses flancs; ce qui n’était qu’un demi-moyen.

histoire de la campagne de 1796.

surplus, le Général français ignorait la faiblesse et le peu de consistance des corps de Nauendorf, de Petrascb et de l’Archiduc. 11 ne savait pas que les deux premiers se trouvaient disséminés depuis Kehl jusqu’à Fridingen, et que le dernier était trop peu considérable et trop éloigné. Sa résolution lui fait honneur et prouve la justesse de son jugement. On peut seulement lui reprocher de ne l’avoir pas exécutée plutôt , ce qui lui aurait fait gagner une journée précieuse dans sa situation. Quand on a 40 mille hommes disponibles contre 20 mille , l'attaque ne demande ni efforts ni préparatifs , et la disposition la plus courte est ordinairement la meilleure. Le Général français n avait qu’à s’avancer dans la même direction que le 3o , et l’ennemi eût succombé.

Conformément au projet arrêté, Desaix dut s’avancer d’abord sur la route de Riedlingen, par Alilen et Seekireli pour attaquer vivement les Impériaux à Sehaflangen , et chercher à les prévenir sur les hauteurs de Biberach , lorsqu’ils voudraient se retirer des positions de Steinhausen et de Grolh. Saint-Cvr reçut Tordre d’attaquer le front avec le centre et la réserve, et de repousser l’ennemi sur Biberach. Ferino, marchant par Waldsée sur Ober-Essendorf , avait pour instruction de culbuter tout ce qu’il

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