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CHAPITRE XII

perdre beaucoup de temps, pour courir au devant de ses adversaires; et s’il eût pris ce parti, les Autrichiens en auraient encore retiré de plus grands avantages.

La ville de Biberach, les hauteurs en arrière , et sur le front le lit marécageux de la Riss, semblaient former la position la plus convenable pour remplir ce but. Latour pouvait en peu de temps atteindre Biberach , et y amener Mercantin sans danger. Le grand marais de la Riss, qui s’étend jusqu’au Danube, et n’a que peu d’endroits praticables , aurait couvert la droite de cette position. Au centre se trouvait le défilé de Biberach, à la réunion des routes du Federzée ; et quoique au-dessus de cette ville la Riss ne forme plus un marais si considérable , et offre au contraire plusieurs passages , la gauche ne courait néanmoins aucun risque , car l’ennemi aurait eu plus de chemin à faire pour la venir attaquer ou tourner. Enfin la ligne princi-/ pale de retraite , la route d’Ulm , était couverte par le marais au-dessous de Biberach, d’où l’on voit que Moreau n’aurait pas attaqué une position , où une poignée d’hommes eût résisté sans peine à tous ses efforts.

Le Général français voulant profiter des fautes de son adversaire, et favorisé par son

rapprochement, fit ses dispositions pour lui livrer bataille le ier octobre.

Informé de la marche de INauendorf et de sa prochaine réunion à Petrasch , il ne douta plus que 1 Archiduc ne se portât immédiatement dans la vallée du Rhin. Les nombreux partis qui inquiétaient ses derrières jusqu aux frontières delà Suisse, et linsurrection des habitons , augmentaient sur tous les points la force des Autrichiens , en lui ôtant tous moyens de s assurer de la vérité des bruits qui couraient: on lui grossissait principalement le nombre des troupes conduites par l’Archiduc : on en formait une armée considérable } et quoiqu’il ne passât en effet le INecker entre Mannheim et Heidelberg que le 29, les habitans de ces contrées s'imaginaient qu'il arriverait à temps, et avec assez de forces , pour couper les passages de la Forêt JNoire à l'armée de Rhin et Moselle, 1 acculer à la Suisse, et lui faire mettre bas les armes.

Moreau était trop éclairé pour partager ces craintes : il savait qu'une armée comme la sienne 11e se prend pas dans un coup ci e filet. Toutefois, il ne se dissimula pas les difficultés cpiil éprouverait à forcer le passage des montagnes occupées par l'ennemi , obligé surtout de faire face de plusieurs côtés, et con-

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