CHAPITRE XV. 2?L
donc rempli son but, qu’au cas où le Général en chef se serait décidé , après l’affaire sur l’Elz, à passer le Rhin; mais alors, il devenait également inutile de prendre une position défensive à Schliengen et de s’y battre ; car ce combat eût facilité le mouvement , au lieu qu’on le retarda par cette dernière affaire , qui coûta du monde inutilement.
L’Archiduc avait fait des dispositions pour une attaque générale, dans la nuit du 20 au 21 octobre, lorsqu’il apprit que l’ennemi se retirait. Il fit aussitôt avancer les troupes, dans l’ordre oû elles se trouvaient. Une colonne marcha par Freiburg , et s’y réunit au corps de Froehlich qui débouchait de la vallée d’Enfer. Après un combat très-vif avec l’arrière-garde ennemie , l’avant-garde autrichienne gagna la hauteur de Pfaffenweiler, et la colonne s’établit à Saint-Georges ; le centre prit une position à Bucben; l’avant-garde à Wasenweiler, d’oû elle communiqua avec la gauche par Merdingen et Dingen ; l’aile droite marcha sur Koenigschaffhausen , et poussa ses troupes légères sur Brisach.
L’armée française s’était dirigée en trois colonnes sur la position de Schliengen , oû elle arriva le 22. Ferino marcha par Stauffen, Dotiingen , Brezingen et Niederweiler. L’artillerie
et la réserve, ainsi qu’une division, s’y portèrent de Grozingen par la grande route; une autre division suivit celle du Rhin, par Bremgarten et Weinstætten.
Le 22 octobre , l’Archiduc arriva avec la gauche, à Heitersheim, et lia les troupes de la droite avec celles du centre, à Hausen. Le corps de Condé, qui avait débouché immédiatement après Froehlich, de la vallée d Enfer, arriva à Hartlieim ; l’avant-garde s’établit à Muhlheim, après s être emparée d’Augen, et avoir formé une chaîne en avant de Kandern, Sitzenkirchen etFeldberg, que l'ennemi occupait sur la droite. Les avant-postes s'étendirent jusqu’à Steinstadt. On borda le Pdiin pour couvrir les lianes delà position , et assurer ses derrières. Le corps de blocus de Kelil fut renforcé de 6 bataillons et de deux régimens de cavalerie. Une sortie de la garnison, exécutée avant l’arrivée de Desaix, avait vraisemblablement donné lieu à cette mesure, qu’on peut dire sans nécessité, attendu que les pluies continuelles rendaient de jour en jour les opérations sur ce point plus difficiles.
La position de l'armée française était trèsforte. Sa gauche s^appuyait au Rhin , et s’étendait dans des vignobles escarpés, où est situé le village de Schliengen que traverse la grande