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CHAPITRE XV

Bataille de Schliengen , le 24 octobre.

Lorsque Moreau commença sa retraite dans la nuit du 20 au 21 octobre, immédiatement après le combat de la Treisam , il n’était pas encore déterminé à évacuer tout-à-fait la rive droite du Rhin. Desaix qui repassa ce fleuve à Brisach avec deux divisions , avait l’ordre de se rendre à Kehl , pour faire de là une diversion vigoureuse sur les derrières de l’ennemi , pendant que le gros de l’armée prendrait la forte position de Schliengen. Il comptait , par ce moyen, empêcher l’Archiduc d’arriver sur la Kintzig, gagner du temps , et trouver bientôt l’occasion d’améliorer sa situation.

Mais ce calcul était faux : une diversion ne produit d’effet , que lorsqu’elle s’achève avant que 1 ennemi ait gagné le but qu’il se propose : Le mouvement de Desaix à Kehl était plus long que celui des Autrichiens d’Emmendingen à Schliengen. Le double passage du Rhin à

l'JO II I STO I Fi F. DELA CAMPAGNE DE 1796.

Brisach et Kelil prit un temps considérable , et l’on ne put que difficilement déboucher dans une contrée, inondée par les débordemens de la Kinlzig et de la Schutter. D ailleurs, Moreau connaissait trop bien l'activité de son adversaire, pour ne pas prévoir que dans l'état actuel des choses , il serait poursuivi et attaqué aussitôt après son arrivée à Schliengen. S'estimant trop faible pour lui tenir tète, comment put-il espérer un heureux elfet d’une diversion qui ne devait s’opérer quaprès coup, c'est-à-dire quand la grande question eût été déjà décidée à Schlieneen? L intention du Général français

étant de se maintenir sur la rive droite du Rhin, il aurait dû se borner à la défensive , et ne pas s affaiblir par le détachement de Desaix. 11 opéra, il est vrai, sa jonction avec Ferino, dans la nuit du 20 au 21 ; mais les divisions de celui-ci , par leur faiblesse, ne remplacèrent pas celles qui se trouvaient détachées à Brisach.

D’un autre côté , il ne subsistait qu'un seul pont à H un ingu e ; cependant s il paraissait insuffisant pour y faire défiler toute l’armée, les Français, en se maintenant sur la rive droite du Rhin, auraient eu du temps de reste pour transporter les pontons de Brisach à Huningue , par la rive gauche, afin d'y construire un second pout. Le détachement de Desaix n'eût

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