CHAPITRE XV
protégée par Je terrain, n’avait besoin que d’une division, avec la réserve de cavalerie, pour tenir Liel et Schliengeu. Ferino aurait eu encore assez à faire pojdr se maintenir dans l’angle saillant du plateau principal entre Sifzenkirchen et Ober-Eckenen. Enfin une division placée à Feuerbach et Riedlingen, soutenant convenablement les deux ailes, eût rendu, pour ainsi dire, la position inexpugnable.
L’Archiduc fit ses dispositions d’attaque le 23, pour le lendemain. 11 attira la droite à lui , renforça l’avant-garde, et la forma en une colonne sur la gauche. Nauendorf s’avança avec elle, laissant une légère chaîne de postes, le 23, près de Badeuweiler, pour s’emparer du plateau qui domine la position ennemie , et la lie avec les montagnes noires. Ces troupes légères occupèrent Feldberg, délogèrent celles des Français des hauteurs qui commandent Ober-Eckenen et Silzenkirchen , ainsi que du château de Burgeln. Tous les autres avantpostes ne bougèrent pas.
Vers le soir, lorsque l’ennemi ne put plus rien découvrir, les colonnes se formèrent dans l’ordre de bataille ci-contre.
A sept heures, la première colonne de quatre bataillons et i3 escadrons, sous les ordres du prince de Coudé , attaqua le village de
2^6 H rSTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1 796. Steinstadl, l’emporta, et retint l'ennemi jusqu'à l’entrée de la nuit, par des démonstrations. La seconde colonne , de g bataillons et 3o escadrons , conduite par le prince de Fürstemberg, remplit le même but. Elle s'avança sur la grande route, laissant la cavalerie dans la plaine ; se rendit maîtresse de Mauchen , et s’établit vis-à-vis de Scbliengen.
La troisième, de i3 bataillons et 20 escadrons, sous Latour, prit position entre Feldberg et Vogisheim. S avançant ensuite jusqu’auprès du ravin qui couvrait le centre de l'ennemi, elle l’occupa ainsi qu Ober-Eckenen et ÎNieder- Eckenen; mais les chemins gâtés par les pluies continuelles , ne lui permettant pas d’y conduire de l'artillerie , elle détacha son avantgarde dans la vallée et se dirigea contre Lie! , dans l’espoir de déboucher plus aisément. Le feu terrible d’artillerie qui partait de la position, et l'opiniâtreté de l ennemi , la forcèrent de renoncer à son projet ; elle se borna à entretenir une fusillade , du ravin et des vignobles.
En conséquence , Latour se déplora vis-à-vis de Liel,près de la seconde colonne, et n'envoya qu'un petit détachement au soutien de la quatrième. Cette résolution était une faute ; car dans la position où il se trouvait, il n'y a