‹ Vol. 3Chapitre 132 sur 155 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

pas de doute qu’il eût beaucoup mieux fait de se prolonger à gauche en remontant le ravin, pour se rapprocher du point décisif, et obtenir de grands résultats sans aucun risque. En effet, la seconde colonne, renforcée par quelques bataillons , aurait été , vu la nature de sa position , plus que suffisante pour empêcher l’ennemi de s’avancer de Liel et de Schliengen ; Ferino au contraire , ayant trop de terrain à défendre , pour faire une vigoureuse résistance contre la moitié de l’armée autrichienne, eût été infailliblement accablé. Latour aurait trouvé l’occasion de passer le ravin en avant d’Ober- Eckenen, pour prendre en flanc et à dos l’ennemi qui faisait face à Sitzenlcirchen , ou se réunir à Nauendorf , afin de donner plus de vigueur à l’attaque de la quatrième colonne, laquelle avait été forcée de laisser son artillerie en arrière.

Le combat, sur ce dernier point, fut le plus vif. Les Français l’engagèrent au jour, en attaquant les hauteurs de Sitzenkirchen , que les Autrichiens avaient occupées à la nuit tombante. ISauendorf les ayant repoussés, prit l’offensive à son tour, et les délogea du village. Ralliées sur les hauteurs en arrière, les troupes de Ferino y reçurent des renforts, et se maintinrent long-temps contre les tentatives des Autrichiens ; mais après plusieurs

attaques infructueuses, Nauendorf parvint à les en chasser et aies rejeter dansla gorge de Knndern.

Le combat se renouvela ici avec la même chaleur, et s’étendit jusqu’aux montagnes boisées qui avoisinent celte position. Enfin, une dernière attaque des Impériaux, exécutée simultanément sur le front et les deux flancs des Franç ais, décida la victoire. Ces derniers furent repoussés de bois en bois , de hauteur en hauteur; et à l'entrée de la nuit, de Kundera même.

Le général Wolf, qui poursuivait Je général Tareau parles villes forestières, conformément à l’ordre de l’Archiduc , l’avait attaqué sur ces entrefaites, à Mœling en avant de Seckingen ; après l’en avoir chassé il le repoussa jusrpi'à Rheinfelden, où les Français mirent lin au combat, en rompant le pont.

Les Autrichiens n avaient p oint encore réussi dans cette journée du 24, à entamer la véritable position de l'ennemi qui ne se trouvait ni tournée ni menacée sur ses derrières; ils étaient seulement parvenus , en s'emparant de la hauteur de Sitzenkirchen et du ravin de Kandern, à se frayer un chemin pour l'attafpier décidément. Néanmoins Moreau perdant 1 espoir d y tenir plus long-temps, f abandonna dans la nuit qui suivit le combat. Cette résolu-

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