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CHAPITRE XVI

Les Français se voyant forcés d'étendre leur défense , fortifièrent la corde de l’arc formé par le Rhin , du grand Kehl-Kopf au fort. La droite de ces retranchemens s’appuya au fleuve et à l’île du grand Kehl-Kopf défendue par des redans. La gauche était formée par le piquet de Durlach près du Rhin. Le terrain en avant coupé par plusieurs petits bras marécageux du fleuve , n’était défendu que par des épaulemens , et un ouvrage avancé en forme de queue d’hirondelle. Ils construisirent vers la rivière , un grand ouvrage à corne qui communiquait avec la rive gauche parmi pont volant. A gauche de celui-ci était une redoute ennéagone , palissadée et avec glacis , laquelle couvrait le pont du petit bras du Rhin, qui séparait 1 ouvrage à corne de l’intérieur du camp retranché.

Des ouvrages avancés du piquet de Durlach, les retranchemens s’étendaient sur une ligne presque droite , formant alternativement des angles saillans et rentrans, jusqu’à la distance d'environ 200 toises du village de Kehl , où une grande redoute entourée de trous de loups et de fougasses , appuyait la gauche. Les Autrichiens l’appelaient redoute de Souabe, et les Français, redoute des Trous de Loups. De là, des tranchées conduisaient à deux retranche-

296 HISTOIRE DE LA. CAMPAGNE DE 1 796. mens en arrière , qui couvraient la redoute de leurs feux , et assuraient la communication avec le fort.

Indépendamment de ces ouvrages , les Français établirent en avant et en arrière du camp plusieurs petites flèches , pour y placer leurs avant-postes. Ils avaient mis en état de défense le cimetière et les abords du village de Kelil, ainsi que la poste aux chevaux. Ils avaient aussi relevé les anciens retrauchemens des îles à l’embouchure de la Kintzig, et construit , entre cette rivière et le Rhin, une redoute carrée , qu’ils aband muèrent néanmoins avant le siège, à cause de inondations. Enfin , ils avaient placé treize batteries sur la rive gauche du Rhin , qui couvraient les ponts et enfilaient les îles , les avenues et l'intérieur du camp retranché.

Ces ouvrages commencés avec lenteur Rirent continués avec la plus grande activité par Desaix, après qu il eut repassé le Rhin a Brisach : la faiblesse du corps autrichien et 1 inondation qui survint à cette époque, empêchèrent de troubler ces travaux. Lorsque les assiégeans Rirent renforcés, et même durant le siège, l’infatigable Desaix acheva les ouvrages qui n'étaient que commencés, répara ceux qui étaient endommagés, et construisit de nouvelles flèches. Cependant les Français commirent dans

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