CHAPITRE XVI
leurs préparatifs une très-grande faute , en n’établissant aucune communication de leur camp retranché à la rive gauche, et se privèrent par là des secours prompts et efficaces qu’ils auraient eus , soit contre une attaque , soit pour laire de grandes sorties et surprendre l’ennemi.
Un seul pont volant sur l’extrême droite , et deux ponts sur la gauche , aux débouchés desquels les colonnes devaient défiler par le fort pour arriver dans la plaine , n étaient pas sufïisans pour le développement de toutes les troupes présentes.
Kehl aurait été plus facilement défendu, si Moreau avait jeté vers le milieu du camp , un ou deux ponts couverts par des redoutes , qui lui eussent donné le moyen d’employer simultanément toutes ses forces. Le coude du Rhin les eût garantis contre l’effet des batteries établies sur la rive droite, dans toute l’étendue du camp retranché. Tant que le camp et le piquet de Burlach se seraient soutenus , il eût pu se servir en toute sûreté de ces deux ponts, pour la construction desquels on ne manquait d’ailleurs pas de matériaux à Strasbourg.
Kehl était investi depuis le 9 octobre , mais avec peu de troupes ; tant parce que la faiblesse de la garnison n’en exigeait pas davantage , que parce que l’inondation en avait rendu les approches impraticables.
Le passage du Rhin par Desaix à Brisach, et sa marche sur Strasbourg, décidèrent l'Archiduc à porter le corps de blocus à 16 bataillons et 17 escadrons. Neumühl , Auenheim et Rottenweiler furent retranchés; on se contenta de barricader Sundheim.
Le 3o , l’Archiduc arriva avec une partie de son armée; le reste suivit, le 3 novembre; en sorte que [\i bataillons et 44 escadrons, cestà-dire, 2g,ooo hommes de pied et 5,goo chevaux, se trouvèrent à cette époque devant Kehl. C’est avec cette armée, renforcée dans le mois de décembre, de i3 bataillons et de quelques escadrons du bas Rhin , pour compenser les pertes qui devaient résulter d’une si haute entreprise dans la mauvaise saison , que Latour commença le siège.
A cette époque , Moreau de retour à Strasbourg, avait déjà mis 4° bataillons sous les ordres de Desaix, qu'il chargea d’abord de la défense de Keliî. Le reste de l'armée observait les bords du Rhin ou cantonnait dans les environs de Strasbourg, à portée de soutenir la place assiégée.
Desaix établit 6 bataillons dans le fort , 3 dans le camp retranché, 3 dans les des du piquet de Durlach, 3 dans celle de la Kintzig, et 6 eD réserve dans l'île des Fascines.