CHAPITRE XVIII
netra clans le Iyrol, avec trois divisions. 11 délit sans beaucoup cle peines son adversaire, dans les combats du Lagliamento , de 1 Izonzo et de Tarvis.
Nonobstant la levée en masse du Tyrol, Joubert traversa le pays , pour se réunir par la vallee du Pusterthal, avec son Général en chef. Persuadé que cette levée n’était pas soutenue d un gros corps de troupes , et qu’elle se trouvait tiop mal organisée pour être dangereuse hors de ses foyers ; Bonaparte continua sa marche sans inquiétude , battit l’ennemi de nouveau a Frisach , et s’avança surLeoben, où il signa, le 18 avril, les préliminaires de paix, qui mirent fin à la guerre.
Cependant, les hostilités avaient aussi recommencé en Allemagne. Le Directoire, craignant que l’Empereur ne détachât du Rhin un gros corps de troupes contre l’armée qui s’avancait avec tant de témérité en Autriche, et ne lui fit perdre tout 1 avantage de cette invasion, résolut de ne pas retarder l'ouverture de la campagne.
Les Généraux autrichiens ne suivirent pas le plan de 1 Archiduc. Affaiblis par des détachemens beaucoup trop tardifs en Autriche , ils avaient en outre dispersé leurs forces le long du Rhin. L’ennemi ne rencontra pas de
3a8 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1 797.
grande résistance , lorsque Hoche s’avança par INeiiwied , et que Moreau passa le Rhin, le 20 avril, à Diershéim. Les Autrichiens disséminés furent par-tout culbutés et dissous , avant d’avoir pu réunir assez de troupes pour arrêter les progrès des Français.
Le 24 avril , lorsque la nouvelle de la signature des préliminaires arriva, les Français occupaient toute l étendue du pays sur la rive droite du Rhin, compris entre Capel , Ettenheim, Gengenbach, Oherkirch, INieder-Achen, et Lichtenau. Hoche était sur la Nidda , et avait investi Cassel sur la rive droite du Mein. Ces lignes séparèrent les deux armées, durant l’armistice qui suivit.
La paix, basée sur les préliminaires de Leoben , fut conclue dans l'automne de la même année , entre l'Autriche et la France , à Campo- Formio.
CONCLUSION
CONCLUSION
La campagne (le 1796 présente , dans la guerre entre l’Autriche et la France , le premier exemple , depuis 1 792 , de l’application des principes de Stratégie, dans toute leur étendue. En Allemagne aussi bien qu’en Italie, la victoire se déclara pour le Général qui s’en était le moins écarté.
Lorsque les Autrichiens dénoncèrent l’armistice sur le Rhin , ils avaient , à la vérité , la supériorité du nombre pour eux ; mais , protégés par quelques points, au centre seulement, leur supériorité ne fut pas assez décisive pour faire des progrès contre l’ennemi , dont les positions étaient couvertes par une ligne de places fortes, d’une aile à l'autre.
L’avantage d’une bonne hase s’augmentait pour les Français , à mesure que leurs ennemis y avaient moins d’égard dans le choix de leur plan; c’est-à-dire , lorsque méprisant ces avantages ils se déterminèrent à prendre l’offensive sans autre motif qu’une faible supériorité numérique.
CONCLUSION
La réunion des forces autrichiennes nécessaires pour un tel système, devant avoir lieu dans un angle saillant, en avant du centre de leur base , laissa leurs ail es sans appui ; en sorte que les Français eurentla facilité de les tourner, et de s avancer plus près des communications des Autrichiens, qu’eux-mêmes.
Jourdan commença les hostilités en tournant la droite. La première tentative fut infructueuse; mais l'armée autrichienne, affaiblie par le détachement quelle avait fait de 3o mille hommes en Italie , renforça sa droite , et négligea sa gauche que Moreau perça : opération à la suite de laquelle il menaça les communications de cette dernière avec le Danube.
Les Autrichiens durent se retirer à la fois sur les deux ailes, par cela même qu’ils voulurent résister à l'ennemi sur chacun de ces points.
Le combat de Malsch assura à Moreau la possession des avantages qu’il avait remportés , et Jourdan gagna le Mein sans combat décisif.
Les deux armées formèrent alors des lignes , dont le prolongement était perpendiculaire à leurs bases. Les armées françaises ne risquaient rien ; car le Rhin et ses places couvraient les leurs : et ils pouvaient prendre sans risque, une position de liane. Les armées autrichiennes u avaient, entre leurs positions et
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l'intérieur de leur pays, aucune ligne de communication que l’adversaire ne pût gagner de la Kintzig ( 1 ) et du Kniebis avant eux , et aucun point fortifié, qui pût suspendre sa marche. Les opérations trop circonspectes de Moreau , et le séjour forcé de Jourdan devant Francfort, aussi bien que la capitulation désavantageuse de cette ville , ouvrirent aux Autrichiens la route du Mein et du Necker sur le Danube. Là , ils trouvèrent une nouvelle base , qui couvrit leurs communications: ils eui’ent le choix de se retirer ou de s’opposer aux progrès de l’ennemi, parce qu’ils se trouvèrent entre l’armée, et 1 objet d’opération des Français. Ceuxci ne pouvaient plus le gagner par une simple manœuvre , même après la défection des contingens de Souabe et de Saxe; car il resta aux Autrichiens des moyens qu’il fallait préalable-* ment détruire, pour obtenir de grands résultats.
Les Français ne pouvaient attendre ces succès décisifs , qu’en réunissant promptement sur le Danube, leurs forces supérieures à l’ennemi. La marche de Moreau sur laWernitz, se fit dans la juste direction , mais il manqua d’énergie et de résolution. Jourdan s'éloigna au
(i) On entend ia Ivintzig qui se jette dans le Mein vers Hanau.
CONCLUSIO N.
contraire de l'objet principal , en se portant sur la rive droite du Mein et de la Regnitz.
Lorsque la retraite de l'Archiduc sur le Danube , et celle de Wartensleben vers la Naab, favorisèrent encore plus la réunion des armées françaises , quand elles pouvaient se jeter entre ces deux corps autrichiens, gagner Ratisbonne, repousser l’ennemi sur les extrémités de sa base primitive , et peut-être , le couper de toute communication avec elle ; Jourdan se porta sur Schwartzenfeld , et Moreau à Augsburg.
De leur côté, les Autrichiens étaient aussi peu en état de résister aux deux armées françaises avec des forces partagées , que de les attendre réunies dans une position défensive. Par conséquent , ils devaient chercher à s’emparer à tout prix du défilé du Danube.
Le premier pas à faire , dut être de se rendre maître d lngolstadt, et de s’assurer d’un passage sur le fleuve. L'éloignement des armées ennemies , permit alors ce que la fausse direction de la retraite de Wartensleben , avait si long-temps empêché ; c'est-à-dire , de rassembler et d’employer sur ce point une masse supérieure.
Les Autrichiens alors en état de prendre l’offensive, se jetèrent avec supériorité sur Jour-
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dan , qui avait donné prise sur son flanc droit en s’avançant trop inconsidérément, et le tournèrent. Par cette manoeuvre , ils furent aussi près de sa base , que lui ; et le pressèrent sur ses dernières communications , en gardant les leurs.
Cet avantage devait leur rester aussi longtemps que Jourdan ne regagnerait point par une victoire ou des marches forcées , une position entre sa base et l’ennemi. Il l’obtint enfin sur laLahn, et trouva en elle les propriétés d’une excellente position de flanc : mais ses forces morales et physiques ne balançaient plus celles de son adversaire. Celui-ci était hardi et entreprenant; l’armée de Jourdan, au contraire, affaiblie , désorganisée , et épuisée par une longue retraite. Les Autrichiens vainquirent de rechef, par une opération contre ses communie ations.
Tant que les deux armées françaises opérèrent à la même hauteur sans être trop éloignées l’une de l’autre , elles eurent sur les armées allemandes l’avantage d’une base étendue; mais elles le perdirent , aussitôt que Jourdan fut refoulé sur Bamberg. L’armée de Rhin et Moselle n’avait plus de communication avec le bas Rhin. La longueur de sa ligne d’opération était hors de proportion avec celle de sa base , de
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Philipsburg à Bâle; et celle-ci même se trouva menacée par les garnisons autrichiennes des places du Rhin, qui étaient débloquées; et par B Archiduc, qui pouvait gagner aussi vite Offenburg, de la Sieg, que Moreau ne pouvait l'atteindre de User.
Dans une position aussi critique, le Général français ne sut pas prendre un parti prompt, et ne s'étant pas rapproché assez tôt de sa hase, il perdit par cela même l'espace entre Philipsburg et l'Elz , avec ses meilleures communications , et fut forcé de combattre afin de conserver les autres, et de pouvoir se retirer.
Enfin , l’armée française perdit sur la rive droite du haut Rhin , les points fortifiés , et par cela même , cette attitude offensive qui en imposait tant , et qui lui donnait tant d'avantages.
L’aspect général , aussi bien qu'un examen détaillé de toutes les époques de cette campagne mémorable, confirme la vérité des principes stratégiques , exposés dans la première partie de cet ouvrage.
On conviendra donc que la soliditédelahase, et la sécurité des communications, forment le principe fondamental d’un plan offensif ou défensif; que la possession des points stratégiques est , dans l'un et l'autre cas , nécessaire et décisive , et que la force ouverte, ou des ma-
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il oeuvres dirigées contre les communications ennemies , sont les seuls moyens de les gagner et de les défendre : enfin, que la promptitude dans la résolution comme dans l’exécution, deviennent des conditions nécessaires pour réussir dans toutes les entreprises.
La campagne de 1797 fut la dernière de la guerre causée par la révolution française.
L’Autriche succomba , parce qu elle n’opposa à un plan basé sur un excellent système de places, et combiné d’après la connaissance du théâtre de la guerre , que la valeur, la parfaite organisation de son armée , et quelques faits d'armes glorieux de ses Généraux.