CHAPITRE XVIII
dont les postes campaient vis-à-vis des Français, à Neuwied et sur la Wipper.
Après la prise de Kehl et celle de la tête de pont d’Huningue , les troupes sur le haut Rhin prirent aussi leurs quartiers d’hiver. Moreau établit les siens dans la plaine fertile de l’Alsace ; l’Archiduc dans la vallée du Rhin , et celles qui y aboutissent. Une partie de la cavalerie, seulement, cantonna derrière les montagnes , sur le Necker et le Danube supérieur.
L on se prépara des deux côtés à ouvrir une nouvelle campagne. Le plan des Français établi sur les mêmes principes que l’année précédente, consista à s’avancer avec deux armées, contre les ailes de l’ennemi.
L’Archiduc, convaincu de l’impossibilité de soutenir l’offensive , voulut se restreindre à défendre le pays qu’il occupait, et partagea ses forces en deux armées. Celle du haut Rhin devait observer ce fleuve , au moyen d’une simple chaîne de postes , et tenir le gros de ses troupes concentré à Ofîenburg. 11 regardait ce point comme le plus important , par la facilité qu’il procure à l’ennemi de gagner les passages à proximité, et de pénétrer dans la Souabe parla vallée de la Kintzig , qui est le chemin le plus court. Le pays plus bas lui paraissait moins exposé , attendu qu’il était couvert par des
places. L'armée du bas Rhin devait défendre avec une avant-garde, la rive gauche de la Lalin, et concentrer ses troupes à Friedberg, à l’em branchement de toutes les routes qui viennent des difïérens points de passage du Rhin , et traversent les montagnes sans liaison entre elles.
Si l’ennemi s’était avancé en forces, il se serait partagé en plusieurs colonnes pour franchir la contrée en avant. Dans ce cas, rien n’empêchait de se jeter sur l une d’elles, et de la battre ainsi isolément.
Mais il y eut de grandes mutations, avant la reprise des hostilités, parmi les Généraux en chef. Hoche, après avoir rendu à sa patrie les plus signalés services, en pacifiant la Vendée, fut nommé en remplacement de Jourdan , au commandement de l’armée deSambre et Meuse. La cour de Fienne fit remplacer l’Archiduc Charles, parle comte Latour, et lui confia les débris de l’armée d'Italie battue à Rivoli. Ce Prince en prit le commandement après la reddition de Mantoue , lorsque les divisions françaises du Rhin avaient déjà rejoint en Italie, et que Bonaparte se disposait à ouvrir la campagne.
Ce Général s avança avec la plus grande partie de ses troupes, à travers les états Vénitiens, sur la Piave , pendant que Joubert pé-