‹ Vol. 3Chapitre 21 sur 155 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

où il aperçut la cavalerie française qui escarmouchait avec les hussards autrichiens , à l’issue du ravin.

Incertain sur la force de l’ennemi , il forma ses troupes en bataille derrière le défilé , sur les bords duquel on plaça de l’artillerie de part et d’autre. Les Impériaux , qui voulaient s'assurer du nombre et de l’intention des Français, detacherent de la cavalerie légère à droite de Castel , où l’on peut passer la Lauterbach. Cette tentative indiquant à Bonnaud la supériorité de ses adversaires , il se retira à l’instant ou on 1 informa de leur apparition sur ses derrières. Dans l’intervalle , Jourdan prévenu de son arrivée sur la chaussée de Castel , avait envoyé 2 régimens de cavalerie et 3 bataillons à sa l'encontre : l’infanterie occupa les forêts d’Ursenulm, pour recueillir la division qui se repliait sans perte sur la position , quoique assaillie de tous côtés par les troupes légères.

Aussitôt que les hauteurs en arrière de Castel furent évacuées , l’Archiduc s’avança par Ursenulm , et s’y établit sur le terrain élevé, au pied duquel s’étend de Weyerzant à Haag, le bois qui se lie à la forêt qui couvre tout le pays entre la Lauterbach et la Vils , jusqu’à Schmidtmühl.

Il u était pas prudent d'attaquer la position, et de s’engager dans la forêt avant de 1 avoir reconnue , et que Wartensleben fut en mesure de prendre part à l’action. Mais bientôt on aperçut son attaque , laquelle reconnut de son côte les mouvemens de l’Archiduc. Cette circonstance enflamma le courage des soldats autrichiens , et augmenta la confiance de leurs Généraux. Elle produisit un elfe t contraire sur Jourdan, qui ne put empêcher la réunion des colonnes ennemies, et sentit , dans sa mauvaise position, l'impossibilité de lutter contre des efforts aussi redoutables.

W artensleben avait formé trois attaques : Kray, commandant la première, devait forcer l'aile gauche de la division CoHaud à Raliering , et derrière Aschach , et se rendre maître du Mariahilfsberg , d'où il pouvait tourner la position , menacer la route de Sulz- Lach, et couper tout-à-fait celle de Hambach. Wartensleben devait avancer la ‘sienne sous la protection dune vive canonnade contre le centre de Gollaud, pendant qu'une colonne de 2 bataillons et 20 escadrons irait se joindre à l'Archiduc. Avec celle-ci, le général Iladik délogea l'ennemi du moulin de Haselmühl . et y passa la J ils , ainsi qu’à Lengfeld. La ca-

r CHAPITRE II. 4l

valerie des avant -cardes Grenier et Cham-

pionnet , se replia dans la position de l’armée, et sur 1 infanterie qui occupait le ravin d’Amberg. Les Autrichiens se formèrent à Kæffering , et engagèrent une canonnade , pendant laquelle l’Archiduc déboucha de la forêt d’Ursenulm. Bientôt il entra en ligne avec Hadik , qui poursuivait l’ennemi entre Ramertshof et la chapelle Saint - Sébastien , en avant d’Amberg.

Déterminé à opérer sa retraite sur Suizbach , Jourdan la commença avant que les Autrichiens pussent arriver sur son centre , et l’attaquer ; il la continua sous la protection de son artillerie, pendant que Barrière -garde escarmouchait avec les troupes légères impériales. Les divisions Bonnaud , Championnet et Grenier , que les Autrichiens n’avaieut pas attaquées sérieusement , quittèrent leurs positions sans grandes difficultés ; néanmoins, leur arrière-garde, commandée parle général Klein, fut coupée et rejetée sur la gauche dans les montagnes, d’où elle chercha à gagner la route de Hersbruek.Collaudse trouva dans une position plus critique : poussé vivement par des forces considérables , en se retirant le dernier il ne put éviter l’engagement, et défila avec peine par Amberg et sur un pont au-dessus. Son arrière-

garde en vint plusieurs fois aux mains et fut retardée dans sa marche. 11 établit quelques troupes et de l artillerie sur le plateau en arrière d’Amberg , mais il l'abandonna aussitôt que 6 bataillons de grenadiers pénétrèrent dans la ville, pour l'attaquer de vive force. Alors la cavalerie impériale déboucha sur la route, poursuivit son arrière-garde qui descendait l’Erzberge , et l'atteignit dans une petite plaine non loin de la ferme de Wieselhof. Les faibles escadrons français furent bientôt dispersés , et la 20e demi-brigade légère succomba après avoir formé cm carré, et repoussé plusieurs charges (1).

L’Archiduc avait atteint son but ; ses troupes

(1) Ce fut la a-3e de ligne, aux ordres du général Ney , qui, après avoir soutenu plusieurs charges de toute la cavalerie et des réserves commandées par le général 3Yernek, fut victime dans cette occasion. Son dévouement sauva l’armée, car il lui donna le temps de reprendre l’avance nécessaire pour effectuer sa retraite. La 20e légère , conduite également par Ney, placée en échelon, parvint à gagner les bois sans être entamée. Si les Autrichiens s’étaient contentés de contenir la 23e par quelques escadrons, et qu’ils eussent continué la poursuite avec leur immense cavalerie, on ne peut trop juger comment Collaud s’en serait tiré : mais il est à croire que sa division eût été infailliblement perdue.

Page 1