CHAPITRE II
étaient très-fatiguées , et la nuit approchait. Il les établit <lans les positions abandonnées, la droite en avant d’Amberg , la gauche à Fahrstein. Ses troupes légères le poursuivirent jusqua Poppenricht, Altmanshofen , Rosenberg, Rropfersricbt et Diedersberg; mais le bois derrière Rosenberg resta occupé par l'ennemi : Jourdan se reploya jusqu'à Sulzbach ; la division Grenier tint les hauteurs à droite et derrière la ville, vers Lauf; Collaud frit placé en avant de Sulzbach , le front couvert par la Yils ; Championne! à Paelielsfeld , pour protéger la droite.
Le combat d’Amberg est du nombre de ceux qui furent décidés avant que les armées se trouvassent en présence, et dont le succès fut amené et assuré par des manœuvres. Amberg est un point stratégique, à l’embranchement des routes de Scliwarzenfeld et de Ratisbonne à Schwandorf , de Neumarkt et de Nürnberg à Sulzbach , et de Baireuth à Iîambach. La nature du pays empêche que les chemins qui coupent transversalement ces cinq routes , servent aux mouvemens des colonnes. Il faut nécessairement être à Amberg , pour passer de l’une sur l’autre. La route de Nürnberg au Danube par Neumarkt , s’écarte de celle,. d’Amberg par Schwarzenfeîd , et ne commu-
44 histoire de la campagne de 1796.
nique avec celle-ci que par les traverses de Lauf et d Altdorf, ou par la chaussée de Neumarkt. Cette ville est plus près de la Regnitz qu Amberg, et l'éloignement entre cette dernière et Neumarkt , est plus grand que celui d Amberg à Schwarzenfeld. Aussi dès que Jourdan fut arrivé difns ce dernier endroit , il ne lui resta d autre parti à prendre que d'avancer, ou de se retirer sur Amberg; car c’est de là seulement qu il était en mesure de continuer sa retraite , ou de faire un mouvement de flanc. Mais pour opérer cette manœuvre en se portant d’ Amberg à Neumarkt, il fallait être certain d'atteindre son but, et de gagner une bonne ligne de refaite , ou du moins de ne pas perdre celle d Amberg; sinon , on courait risque d'être rejeté dans les montagnes , et d’y être défait. Or, où était cette certitude , lorsque F Archiduc avait réuni beaucoup de troupes auprès de Neumarkt , et qu'au même moment W artensleben , dans ime position offensive , se trouvait en mesure de suivre les Français aussitôt qu'ils se mettraient eu mouvement , et de gagner Amberg , plutôt qu'eux Neumarkt ?
Jourdan devait donc se retirer, et ce n est pas d’avoir pris ce parti qu il faut lui faire un reproche ; sa faute consiste seulement en