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CHAPITRE III

Passage du Lech par le général Moreau. — — Combat de Friedberg t du 24 août.

IVIoreau laissa retirer paisiblement la grande armée autrichienne , après la bataille du 1 1 août , et ne se mit en mouvement que lorsqu’elle eut passé le Danube. Il se porta sur la Wernitz, en vue de passer ce fleuve à Donauwerth; mais le pont de cette ville se trouvant rompu , il rétrograda , et le franchit le 19 août, avec 48 bataillons et 66 escadrons, à Hochstædt, Dillingeû et Lauingen, pour aller prendre position derrière la Zusam.

Si Moreau s’était avancé sur la rive gauche du Danube vers Neuburg , il se serait mis en communication avec Jourdan, et la réunion des armées autrichiennes eût été impossible ; mais il y songea si peu , qu’il ne chercha pas même à déposter un parti d’hussards , d’Eich-

stædt, et se contenta de laisser un poste sur le Schellenberg (1).

Le 20 août, l'armée de Rhin et Moselle se porta sur la Schmutter, et s’établit entre Eggelsbofen etTraisheim; la seconde division de l’aile droite, en avant de Mindelhéim. Les Autrichiens s’étaient retirés derrière le Lecb , et en avaient détruit les ponts.

Le 22 , les avant-postes des Autrichiens qui

(1) De toutes les fautes commises dans cette campagne, la marche du général Moreau en Bavière parait la plus grande. On ne peut lui reprocher d’avoir passé d'abord le Danube à Dillingen, car il n'avait pas la moindre idée du mouvement de l’Archiduc contre Jourdan. 11 le croyait , au contraire, toujours devant lui sur le Lech : mais au milieu de l’Allemagne, où les Français avaient alors tant de partisans, ce mouvement n’amait pas dû lui rester st long-temps caché. Quoi qu'il en soit, l’intérêt des deux armées françaises était de se 'rapprocher le plutôt possible du Danube, et de se diriger sur Donausverth et TŸeuburg, et non sur Munich et Arnberg.

Cette faute, que Moreau aurait du corriger lorsqu'il connut la marche du Prince contre Jourdan, fut encore aggravée par la continuation de son mouvement excentrique. Il fallait ou rester sur le Danube, ou marcher vers Jourdan pour le dégager : s’enfoncer en Bavière, c’était tout perdre et ne vouloir rien sauver.

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