CHAPITRE IV
ne pouvait manquer d’être repoussé , parce que sa position était trop près de cette route et du flanc de l’ennemi. Il fallait, j’en conviens, une attaque vigoureuse pour amener un pareil résultat.
L’Archiduc et Jourdan commirent de grandes fautes; mais le premier conserva sa supériorité et l’accrut même , parce que dans le succès, elles sont moins sensibles que dans les revers. Tant que Jourdan resta maître de la ligne de Bamberg au Danube , ses mouvemens n’eurent pas besoin d’être aussi profondément calculés que ceux de l’ennemi. Celui-ci n’avait qu’une seule ligne de retraite d’Erlangen à Nürnberg , ou sur la Pegnitz. L’armée française en avait dans plusieurs directions : les unes sur la rive droite delaRegnitz etduMem,parSchweinfurt ; les autres sur la rive gauche de cette dernière rivière , en repoussant les Autrichiens qui l'occupaient faiblement. Jourdan menaçait encore Erlangen en ligne droite , tandis que l’ennemi ne pouvait inquiéter ses communications directes , et notamment celle de Scbweinfurt , que par une ligne diagonale et dès-lors plus longue. L’Archiduc était d’ailleurs plus restreint que lui dans ses manoeuvres, vu qu’il n’osait pas s’éloigner de la route d’Erlangen ; mais aussitôt que les Français aban-
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donnèrent cette ligne, leurs avantages passèrent au prince Charles; il ne leur resta qu’une seule communication pour atteindre leur base de Neuwied et de Düsseldorf : ce dernier, au contraire, devint maître de toutes celles qui mènent au Danube, en Bohème. Jourdan ne put opérer sur les communications de son adversaire, que par un long détour; celui-ci n’eut besoin que d:une petite marche sur la rive gauche du Mein, pour gagner celle de son antagoniste. Le premier perdit toute liberté de manoeuvrer , et se vit obligé de se retirer ou d’attaquer, tandis que l’autre frit en mesure d’atteindre son but par de simples démonstrations.
Tant d’ascendant n’écliappa pas au Général autrichien, et il en profita pour concentrer son armée. Il ne fit suivre l'ennemi sur la rive droite du Mein, que par 5 bataillons et îy escadrons. L’armée marcha par Bamberg , sur la gauche , et toutes les troupes se formèrent en colonnes sur la route de Würzburg. L’Archiduc se porta le 3i août à Burg-Eberach , Sztarray à Oberschwarzach, Kotze àNeusess sur le Sand; Ritzingen et Deltelbacb furent occupés; des partis coururent au-delà de ürzburg , dans les environs de Mergentheim : l'avant-garde, sous Kiny, et les troupes légères du prince de
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Lichtenstein , observèrent la rive gauche du Mem 5 sur le- flanc droit de 1 armée française en marche. Les Autrichiens espéraient la forcer à se retirer, en l’attaquant vivement, et se frayer un chemin à la victoire, en combinant leur marche de manière à réunir toutes leurs forces avant d’en venir à-une bataille décisive.
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