‹ Vol. 3Chapitre 38 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Moreau ne tira aucun parti de la victoire de Friedberg, et ne cnercha pas même à établir sa communication avec l'armée de Sambre et Meuse. La cavalerie légère des Autrichiens courant entre les deux armées françaises, et interceptant leurs courriers, il n’eut aucune connaissance des opérations du prince Charles contre Jourdan; d’un autre côté, la facilité avec lacpielle il avait forcé le Lech , lui indiquant qu’il ne se trouvait- devant lui qu’un petit corps de troupes , il ne sut à quoi s’en tenir, et n’avança qu’avee plus de circonspection et de lenteur , ce qui lui fit perdre le fruit de sa victoire , et donna le temps à l’ennemi de se rallier.

Ce ne fut que le 3o , que l'avant-garde de sa droite arriva à Mosach et Munich , où elle repoussa les avant-postes autrichiens sur la rive droite de User. Au même moment l’armée s’établit ainsi qu’il suit : Ferino avec une division, à Dachau sur l’Ammer, l’avant-garde à Schleissheim et Mosach; Saint -Cyr avec le centre , entre Pfaflenhofen et Gundersried , derrière l’Inn, son avant-garde à Wollnzach; Dësaix avec une division, entre la forêt de Gundersried et la Paar, aux environs de Freinhausen , son avant-garde à Puech , Geisenfeld çt Reichershofen ; Delmas avec sa division,

renforcée d un régiment de dragons et d’une demi-brigade de Desaix* entre Veuburg et lugolstadt.

Moreau voulait, avec cette dernière, forcer la tête de pont d'ingolstadt et en détruire le pont , afin de couvrir son liane gauche. L’avantgarde du centre devait s avancer entre Moosburg et Freysing, et s’emparer de ceux sur User. Ferino avait l'ordre de passer cette rivière au-dessus de Munich, etLabordede pénétrer dans les gorges du Vorarlberg et du Tyrol , pour chasser leurs garnisons dans l'intérieur du pays.

Ce plan indique assez que Moreau n’avait pas de vues fixes; que ne sachant quels moyens employer, il les essayait tous sans s’arrêter à aucun, et par conséquent qu'il n’avait pas assez de forces pour en exécuter un. Inquiété sur ses lianes, il voulut néanmoins s avancer pau le centre (i) ; et s’imagina les couvrir du côte

(1) La résolution de se jeter sur le centre quand onest menacé sur ses deux flancs est en beaucoup d’occasionsua moyen excellent : aussi n'est-ce pas en cela que leplandî Moreau éloit défectueux ; mais quand on se décide à une belle manœuvre, il faut l’exécuter avec toutes ses forces réunies, sans s’arrêter à des expéditions secondaires; et

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