CHAPITRE V
du Tyrol et du Danube , comme si tous deux avaient eu la même importance ! Par cette extention démesurée , il courut risque de voir échouer son projet sur chacun de ces points.
Moreau ignorant où se trouvait la grande armée autrichienne , et convaincu qu’elle n'était plus en présence , n’avait que les trois suppositions suivantes à faire :
i° Que l’Archiduc s était retiré dans le Tyrol ; conjecture peu probable , puisqu'il aurait perdu par -là sa communication avec Wartenslehen, se serait engagé dans un pays dépourvu de subsistances , et où sa nombreuse cavalerie lui serait devenue inutile. Indépendamment de ces raisons , l’Archiduc ayant passé le Lech à Rain , n’était pas dans la direction du Tyrol ; ainsi son adversaire devait avoir la conviction que Je gros de l’armée impériale ne s’était pas dirigé à gauche vers Landsberg ou Scliongau.
2° Que l’Archiduc , menacé sur son flanc droit et ses derrières par Jourdan , avait des-
c’est pour avoir voulu trop entreprendre à la fois, et s’être dirigé sur une fausse ligne d’opérations après le départ de 1 Archiduc, que le Général français serait susceptible de
blâme.
cendu le Danube , et s’était établi sur la rive gauche de ce fleuve, pour en interdire le passage à h armée de Sambre et Meuse.
3° Qu'il avait passé le Danube , pour se réunir à Wartensleben.
Ces dernières suppositions , plus vraisemblables , méritaient seules d’être prises en considération: dans l'un et l’autre cas. Moreau devait avoir pour premier objet de se tenir sur le Danube , et de ne s’en éloigner que d une ou deux marches ; c’est-à-dire , seulement jusqu aux environs de Pfaffenhofen , pendant que Ferino amuserait les Autrichiens sur User, et que Laborde se retirerait dans les jnontagnes. Dans cette position , il devait chercher à se procurer des nouvelles de Jourdan par toutes les voies possibles , et mesurer ses mouvemens selon les circonstances , afin de se lier à lui.
Le Général français avait à former deux ou trois combinaisons dans chacune de ces hypothèses. En effet, l’Archiduc pouvait, en arrivant sur la droite du Danube , garder seulement ses troupes , ou se joindre à Wartensleben. Dans ce dernier cas , les deux armées
françaises devaient se réunir avant de l’atta- «
quer. Si Wartensleben, déjà battu, avait été repoussé en Bohême, alors il était présumable