CHAPITRE Ier
terbach , et leur gauche à Gærfenried. Cette position était éloignée d’une grande portée de canon de l’Ensiedelberg. Championnet observa le débouché deSchwandorf, et appuya sa droite à un ravin escarpé , derrière Etmansdorf ; la division de cavalerie resta en réserve. Excepté le point de Schwarzenfeld , oùles Français ne pouvaient se rendre maîtres de l’Ensiedelberg , les deux armées se trouvaient séparées par la Naab , dont les rives marécageuses et en partie rocailleuses, laissaient peu d’endroits accessibles. Prêtes à combattre , elles avaient une attitude imposante : un passage de vive force dans de telles positions, en face de braves qui venaient de se donner réciproquement de si grandes preuves de valeur , était une opération trop périlleuse, pour qu’aucun des partis y songeât.
Les combats de Neunkirch et Woelfering firent honneur aux troupes qui les avaient si courageusement soutenus ; mais non aux généraux qui les avaient ordonnés. Il n’y a que deux manières de se rendre maître d’un défilé : c’est de l’emporter de vive force, ou de le tourner. Le premier parti ne peut être tenté, lorsqu’on est supérieur en forces , qu’en sacrifiant beaucoup de monde , quelquefois même plus qu’il n’a de défenseurs ; mais , outre que le succès de ce moyen n’est pas toujours certain , il
est trop coûteux et exige Je 1 audace et de l’opiniâtreté. Le plus sûr est de tourner l'ennemi tout en l'occupant sur son front. Telle fut 1 intention de Jourdan dans la journée du 17, mais il prit mal son temps. 11 commit encore une autre faute, eû faisant attaquer à plusieurs reprises la division Collaud, quand , par l'effet de ses propres dispositions , il lui avait enlevé tout moyen de réussir. 11 aurait dû attendre le résultat de la manoeuvre de liane pour attaquer vivement son adversaire, et se borner jusques-là à l'amuser sim son front.
On peut aussi lui faire plus d’un reproche quant au projet de s'avancer de la Vils sim la TSTaab. Pourquoi détacher la division Lefebvre par Hirschau à Wernberg, sachant qu'il ne s y était retiré qu’un corps volant de 1 ennemi , et que Ney y était entré le 18 sans résistance? Pourquoi rester à Naabburg après la prise de Pfreimt , lorsque rien ne s’opposait à ce qu’on s’avançât sim la Schwarzach et menaçât le flanc des Autrichiens? Pourquoi encore la division Grenier attendit-elle à Amberg , jusqu'à ce que Collaud arrivât de Hambacli et défilât devant elle? Ce croisement des colonnes occasionna une perte de temps et un retard très-préjudiciable à la marche. Grenier ne put opérer contre la gauche des Autrichiens à Wœlfering , que