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CHAPITRE Ier

lorsque Collaud eut fait plusieurs attaques infructueuses, et perdu bien des hommes sans motif. Si Jourdan avait suivi les Impériaux immédiatement après leur retraite d’Amberg • avec les divisions Cbampionnet et Grenier sur les routes de Scliwarzenfeld et Schwandorf; qu’il eût fait avancer les divisions Lefebvre et Collaud dans la même direction , ils n'auraient pas eu le temps de s’établir dans une position et de s’y défendre. 11 pouvait ainsi vaincre toute résistance ou la rendre vaine par ses manoeuvres; car toutes ses troupes eussent été à portée d’exécuter ce que les circonstances exigeaient. Les mouvemens à proximité de l’ennemi , dans un terrain coupé et inconnu, sont toujours dangereux avec des colonnes isolées.

L’évacuation d’Amberg avait ouvert aux Français la route du Danube, par Castel et Neumarkt. Ils étaient à même de réparer la faute qu'ils avaient commise en s’engageant dans la vallée de la Pegnitz, de faire suivre l’ennemi avec de petits détachemens; et de gagner par Neumarkt , le point du Danube qui leur paraîtrait le plus avantageux. 11 eût été bien facile de cacher cette marche aux Autrichiens , et à la faveur du pays boisé et coupé , de leur faire prendre le

l6 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE I796.

change sur la force des colonnes qui les auraient poursuivis. Mais vu le defaut de routes transversales , on ne pouvait exécuter une semblable marche que du point d Amberg. Or, Jourdan s’en ôta tous les moyens en s établissant à Schwarzenfeld. La possession de l’Ensiedelberg procurait aux Autrichiens non-seulement la vue de la position et des manoeuvres de l'armée française sur les hauteurs (pii s’élèvent vis-à-vis en amphithéâtre, mais leur permettait encore de passer îapidement la îSaab , et de l’attaquer aussitôt qu elle s affaiblirait ou se dirigerait sur d’autres points. Bien plus , les Français ne pouvaient chasser l'armée impériale de ses positions; parce qu’inaccessible de front, il aurait fallu se jeter par une manoeuvre sur l une des ailes. Or un passage sur la droite n était pas très-favorable , parce qu elle s'appuyait à la Scliwarzach, et que Wartensleben pouvait toujours se retirer sur Ratisbonne. D’un autre côté , il y avait du danger à forcer Burg-Lengenfeld et à gagner la roule du Danube, vu que le pays était impraticable; qa alors la retraite devait s’effectuer sur Schwandorf, et que Jourdan n’avait pas assez de troupes pour opérer avec vigueur et couvrir en même temps cette ligne. A ces difficultés s’en joignait encore une autre :

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