CHAPITRE IX
Jourdan s’établit le 9 septembre, dans les positions suivantes : la division Grenier derrière Alzbach; son avant-garde occupant Giessenet ses environs. Cliampionnet couronna les hauteurs en arrière de Wezlar, entre Altendorfet Altstætten. Sur la droite, Bernadette s’étendit jusqu’à Obernhreit. Les troupes légères de ces divisions, se liaient sur la rive gauche de la Lahn. Toute celle de Lefebvre était sur la même rive, appuyant sa gauche à Dudenbofen, et sa droite sur les hauteurs de Wezlar. La division de cavalerie bivouaqua à Uttenhofen.
Le même jour, l’armée autrichienne se mit en mouvement sur trois colonnes. La première, de ii bataillons et 3i escadrons (6,800 fantassins et 3,ooo chevaux), sous la conduite de Kray , marcha vers Butzbach , pour contenir l’ennemi placé sur la Lahn supérieure , derrière Wezlar et Giessen. Celle-ci était suivie par l’Archiduc , avec 3i bataillons et 38 escadrons (1 5, 000 hommes et 4,000 chevaux): il campa le 9 sur la Kahl , près de Dittingen , projetant de suivre d’abord la première colonne jusqu’à Friedberg, pour donner de fortes inquiétudes à l’aile gauche de Jourdan , et couvrir en même temps la route principale, pendant que le mouvement s’exécuterait. Sou intention était de se diriger ensuite contre la
basse Lahn , et de se réunir aux deuxième et troisième colonnes pour en forcer le passage au point le plus favorable , dans les environs 'de Limburg.
La deuxième colonne, de 10 bataillons et , 33 escadrons, (6,800 hommes et 3,700 chevaux) sous le commandement de Hotze , se trouva le 9 à Grossenheim , au-dessus de Rahl , et se porta sur Weilburg , afin d'observer 1 ennemi, et couvrir la marche de l'Archiduc sur Friedberg.
La troisième, aux ordres du général Aeu, consistant en 12 bataillons et 3 escadrons de la garnison de Mayence, renforcés de 12 autres escadrons de l'armée , formant en tout 8,000 hommes de pied, et 1,600 chevaux, fut dirigée sur Limburg. Elle arriva le 9 à Erbenlieim, à la suite d'un engagement dans les environs de Wisbaden, avec l'arrière-garde de Marceau , qui perdit dans cette rencontre deux pièces de canon et fut obligée de se retirer sur les hauteurs de Kernel. Les Autrichiens prirent en outre à Flersheim, un parc de 65 pièces de canon , 1 7 mortiers , et beaucoup de munitions. Cette artillerie provenait en grande partie, de Francfort et de Würzburg, et semblait destinée pour le siège de Mayence.
Le 10 septembre, la première colonne arriva
à Staden , sur la Nidda. Ses avant-postes occupèrent Langgans , Münzenberg ,*Lich et Weirings. L’Archiduc campa à Windecken. Hotze atteignit Homburg. Des détache mens frirent envoyés à Neu-Schwalbach etjusques sur la hauteur de Kernel. Des troupes légères se répandirent aux environs de Holzhausen , Nastetten , Hübnerkirchen.
Moreau se retira sur deux colonnes : la première , commandée par le général Dauriez , sur la route de Nassau , en arrière de Singhofen ; le général Bonnet avec la seconde à Münzfeld , où il se rendit par Kirchberg. Quelques détachemens qui étaient en retard sur la hauteur d’Idstein, arrivèrent par des traverses, à Limburg et Dietz.
Les progrès des Autrichiens de ce côté , occasionnèrent quelques changemens dans la position de l’armée française , qui appuya alors à droite. Le 10, Bernadotte se porta en arrière deRunckel, et Championnet jeta 2 bataillons et 4 escadrons à Weilburg. Le lendemain, on continua ce mouvement. Bernadotte porta une brigade entière au village d’Els , et une sur les hauteurs d’Ofheim, derrière Limburg. La division de cavalerie le suivit comme réserve. Championnet s’étendit encore plus , et renforça la garnison de Weilburg de 3 bataillons.
Le 1 1 , Kray arriva à Miinzenberg. Ses troupes légères se portèrent en même temps, de Grœnr.ingen , Steinberg et Lich, contre Giessen, d’où, après avoir culbuté les avaut-posles français, ils s'emparèrent de la ville à l'aide des habitons , ainsi que de Klein - Linden. Les Français tentèrent vainement de rentrer dans Giessen au moyen d'une canonnade ; mais ils réussirent à passer la Lahn à Klein-Linden, et mirent un poste sur la rive gauche.
Le 12 septembre, Kray prit position avec toute sa colonne sur les hauteurs, au pied desquelles est situé Giessen. Il occupa Dornholzhausen et Hoernsheim , pour couvrir son flanc gauche contre Lefebvre, posté sur le Galgenberg, près de Wezlar, et dans la forêt entre la ville et Dudenhofen. Hotze poussa jusqu'à Weilmünster ; chassa les avant-postes français de la ménagerie de Weilburg et de Braunfels.
Jourdan affaibli par l extension qu'il avait donnée à sa ligne vers Limburg, perdit 1 occasion d’attaquer Kray qui s avançait sans soutien, et donnait prise sur son liane gauche. Le 12 , les troupes françaises furent encore plus disséminées. La division Grenier occupa CroiFdorf et Klei'oerg pour couvrir sa gauche , et détacha une demi-brigade sur la hauteur de Fetzbei’g, pour garder les débouchés de Gies-