‹ Vol. 3Chapitre 74 sur 155 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

en menaçant ses communications (1). Ce plan était hardi , car entre autres dangers , il présentait celui de marcher sur Limburg , en présence des Français concentrés à Wezlar, sur le flanc droit des Impériaux , au débouché d'une route qui les portait sur la ligne de retraite de ceux - ci vers le Mein , bien avant qu'ils pussent atteindre leur but : tant il est vrai qu’à la guerre il est peu de principes généraux stables et positifs ; et dont l’application ne diffère selon les circonstances, puisque telle conduite bonne ou convenable en certaines occasions ,

(1) On croit que l’Archiduc aurait mieux fait d’observer Jourdan sur la Lahn , et de partir dès le 10 ou le 1 1 septembre , avec 3o mille hommes pour se joindre à Nauendorf, vers Ulm , où il eût pu prévenir l’armée de Moreau sur le Danube, car elle n’y arriva que le î3. Jourdan à la vérité, avait été renforcé par le corps de Marceau, et une division de l’armée du Nord; mais à la suite d’une retraite longue et pénible, on n’est pas si vite en mesure de reprendre l’offensive; et il est probable que ce Général y eût regardé à deux fois avant d’attaquer Warlensleben. D’ailleurs il eût sûrement ignoré plusieurs jours le véritable mouvement de l’Archiduc. Le résultat qu’on pouvait se promettre d’une marche sur Ulm était préférable à celui de repousser Jourdan des bords de la Lahn sur ceux de la Sieg.

devient mauvaise et désastreuse en d’autres. Le plan de l'Archiduc réussit complètement, malgré le peu de vigueur avec lequel il procéda, croyant rendre sa marche plus sûre. L'énergie et l’activité dans l exécution doivent être proportionnées à la hardiesse d un projet , afin d’atteindre rapidement une bonue position, profiter de la stupeur de l'ennemi, et de ne lui pas laisser le temps d'apercevoir le danger momentané d une opération hasardée. En un mot , un plan hardi est d autant moins périlleux , qu’on l’exécute plus vile ; car en guerre, la célérité est toujours compagne de la sûreté (1).

(1) Cette assertion est très-juste lorsqu’il s’agit d’une seule opération , et non du plan complet d’une guerre. Dans ce dernier cas , tout dépend de la situation intérieure des Etats que l’on doit combattre; car il est bien des circonstances où il serait plus sage d’aller lentement: un Empire n’est pas toujours le prix de la course.

L’auteur n’a voulu certainement parler que d’une opération dont le cours embrasserait une période de quelques semaines, ou même dont la réussite formerait le succès d’une campagne; par exemple de l’opération de l’armée de réserve sur le Pô en 1800 , et de celle qu'il fit lui-même contre Jourdan. Dans ce sens il a parfaitement raison.

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