C II AP 1 THE IX
Le 1 6 septembre, les démonstrations furent plus sérieuses. Les Autrichiens débouchèrent de la foret vis-à-vis de Lollar , et reppussèrent les avant-postes français dans le camp de Grenier, sur les hauteurs en arrière de Giessen, pendant que Kray en amusait le front par une canonnade et une fusillade très-vives. Ils conservèrent le terrain gagné , malgré plusieurs retours offensifs , jusqu’à ce qu’ enfin Grenier les repoussât vers le soir derrière la Lahn, avec la plus grande partie de sa division. Kray s’apercevant de ce mouvement , crut pouvoir attaquer simultanément la position et faire jour à ses troupes, pressées sur la rive droite de la rivière. Il détacha en conséquence 3 bataillons , avec ordre de la passer près de Giessen , pour attaquer les hauteurs où Grenier n’avait laissé que la brigade Olivier. Cette attaque réussit, et elles furent enlevées ; alors les tirailleurs autrichiens poursuivirent avec chaleur les Français en désordre : mais Jourdan présent à cet engagement , avait rappelé de Limburg dès le 1 5 , la division de cavalerie , et un régiment de celle de Lefebvre , au soutien de Grenier. Elle se montra à temps pour repousser les tirailleurs ennemis, qui s’étaient trop avancés. Le général Levai arriva sur ces entrefaites
avec 1111 renfort d'infanterie. Réuni à Olivier, il attaqua les Autrichiens, et les repoussa à l’entrée de la nuit de la position jusques sur la Lahn. Bonnau fut grièvement blessé dans ce combat. Kray avait été trop loin pour une simple démonstration, et sacrifié trop d’hommes pour remplir son but. Quoique Marceau eut prévenu plusieurs fois le Général en chef, de la marche de l’Archiduc sur Limhurg , il persista néanmoins à croire le gros de ses forces vis-à-vis de Giessen , et que son attaque serait dirigée contre ce point. Jamais une démonstration ne produit plus d'effet, qu’à l'égard d’un ennemi battu : la conviction intime qu’il a de son infériorité , le rend méfiant et circonspect, et le défaut de renseignemens qui se fait toujours sentir dans la retraite, augmente son incertitude. Le désir de laver 1 affront qu il a reçu; son orgueil humilié , joints au sentiment de sa propre impuissance , grossissent à ses veux les plus petits avantages, et les lui peignent comme une victoire signalée; illusion dont il ne serait point dupe de sang-froid. En effet , comment Jourdan aurait-il supposé que l’Archiduc perdrait cinq jours à faire des attaques isolées a Giessen,, si son plan eut été dirigé sur ce point? Ae devait-il pas craindie