CHAPITRE XL
Retraite du général Moreau sur l’iller.
M o re au , le 9 septembre , paraissait encore incertain sur l’époque elle lieu où il passei’ait l’Iller , que l’Archiduc avait déjà gagné deux bataille* , débloqué Mayence , et parcouru 96 lieues, depuis le i3 août.
Pendant ce long intervalle le Général français s'était porté des bords du Danube, sur Munich et Freising; c’est-à-dire de 34 lieues en avant. Or, c’était trop, s’il avait envie d’effectuer sa jonction avec Jourdan; et trop peu, s’il voùlait opérer isolément et s’avancer sur l’Inn ; mais un accident fâcheux redoubla son embarras. Il avait été privé de nouvelles de l’armée de Sambre et Meuse , depuis le passage du Danube et sa marche sur le Lech. Des bruits sourds , qui prirent bientôt de la consistance ^ et furent confirmés par des voyageurs et les gazettes , lui annoncèrent enfin la marche de l’Archiduc contre Jourdan , et lechec
]f)2 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1796.
éprouvé par ce dernier. Le peu d obstacles cpi il rencontrait, devenait une nouvelle preuve que la grande armée autrichienne n’était plus devant lui. Sans communications avec la France ni son collègue, il ne se berça point d’espérances batteuses, renonça à une offensive, qui pouvait devenir d autant plus dangereuse, quelle le mènerait plus Iom , et se décida à choisir une position qui lui assurât avec la possession des deux rives du Danube, la possibilité de secourir l’armée de Sambre et Meuse , et de retenir Latour; la liberté de faire, suivant les circonstances une retraite honorable, ou de marcher en avant. Il préféra les environs de Aeuburg pour concentrer ses forces, espérant recevoir bientôt les renseignemens qui lui étaient nécessaires pour prendre un parti.
Le 10 septembre, deux divisions commandées par Sainl-Cyr, la réserve du général Conrcier , et une division sous Desaix , formant ensemble 36 bataillons et 5a escadrons, se portèrent à Geisenfeld ; les troupes légères à Mainburg et Neustadt , sur l'Abens. La division Delmas, de 9 bataillons et 13 escadrons, prit poste devant la tète de pont d ingolstadt. L’avant- garde de Ferino, sous Abatucci, occupa Munich. Le premier avec le reste de sa division, consistant en 12 bataillons et 10 esca-