CHAPITRE XI
marche contre Nauendorf; que Ferino eût reçu l’ordre d’amuser l’ennemi , et de se replier après avoir défendu le passage du Lech et des ruisseaux en arrière sur Günzburg , l’armée réunie en deux ou trois jours au plus entre Neresheim et le Danube , eût été en état de se porter de tous côtés. Latour voulait-il le franchir, et de concert avec Nauendorf, dépasser la position des Français pour se rapprocher de l’Archiduc? il eût infailliblement donné prise sur ses flancs , et pu être attaqué avec avantage. Il en eût été de même s'il s’était avancé sur la rive droite en passant l’Iller. Les routes du Necker et du Danube étant couvertes , Moreau n’avait rien à craindre d'une attaque de front, ni d'une manœuvre contre sa droite , entre le fleuve et le lac de Constance. Sa supériorité sur tous les corps qui suivaient cette direction, lui garantissait la victoire en cas d'engagement, et même dans l'offensive; car ce mouvement vers Ulm lui eût fait perdre trop peu de temps pour qu'il ne le récupérât pas en quelques marches , ou par un seul combat ; et ce faible désavantage était amplement compensé par la sûreté qu’il procurait à sa ligne de retraite, première condition de toute opération. Mais peu de généraux ont assez de fermeté pour sacrifier des avantages précaires aurésul-
202 HISTOIRE DF. LA CAMPAGNE DF. I rg6. tat d un calcul profond , et pour abandonner une province conquise , sans y être forcé par les armes.
Pendant que Moreau marchait sur la Paar, Latour ne bougea pas de Bobenhausen , et se contenta des progrès que firent sur ses flancs Nauendorf et Froehlich. Le dernier avait poussé jusqua Pappenheim ; mais lorsqu’il appiit l'éloignement de farinée française du Danube , il se rapprocha du fleuve et attira à lui 2 bataillons et 3 escadrons de la garnison d'Ingolstadt.
Froehlich avait reçu l'ordre de Latour de profiter de sa supériorité pour faire des diversions sur le flanc droit de 1 ennemi. 11 rassembla à cet effet le 14 septembre, la plus grande partie de son corps à Scbongau, et s avança le même jour avec 6 bataillons et îo escadrons sur la Wertach; Wolf occupa Nesselvang avec un petit détachement.
Le 17 , le corps de Froehlich marcha en quatre colonnes sur Immenstadt et Rempten. La première escalada Immenstadt à dix heures du matin. Wolf fit avec la seconde une fausse attaque contre Durach , et décida l'ennemi, par une retraite simulée , à le poursuivre ; cette ruse facilita les opérations de la troisième colonne, qui prit possession de la position aban-