‹ Vol. 3Chapitre 95 sur 155 · CHAPITRE XI. 1Q · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 1Q

Schrobenhaiisen. Ferino se posta sur la route de Munich, en liaison avec l’armée.

L’expédition de Desaix convainquit Moreau que Jourdan et F Archiduc devaient être trèséloignés : autrement l’on aurait aperçu quelques traces de l’ennemi , s’il avait été dans la contrée. Il jugea donc que les opérations des Autrichiens contre l’armée de Sambre et Meuse , ne pouvaient être encore achevées , et se flatta que Jourdan renforcé par le corps de blocus de Mayence et les troupes de l’armée du Nord, reprendrait l’offensive. Trompé par ce calcul , et convaincu de l’inutilité d’une diversion sur Nürnberg , il résolut de s’établir dans une position d’où il pût s’avancer contre l’Autriche, aussitôt que Jourdan reprendrait l’offensive.

Il se porta dans cette vue de Neuburg sur la Paar , appuyant sa gauche au Danube, et éloignant assez les postes autrichiens pour passer au pis-aller le Lech, sans être inquiété. Par cela meme , il abandonna tous les importans avantages qu’il devait attendre avec raison de sa concentration à Neuburg. Il eût bien mieux fait de remonter le Danube d’une marche.

La position de Neuburg lui avait donné une avance de plusieurs jours sur son adversaire;

mais en se portant vers Ulm, il en eût encore gagné davantage, car 3e passage du Leeli devait retarder Latour qui le suivait. De plus , il serait arrivé à temps sur le INecker, pour exécuter une diversion en faveur de 1 armée de Sambre et Meuse. Supposé que Jourdan réussît abattre les Impériaux, l'armée du Rhin tombant à point nommé sur leurs derrières , eût complété la victoire et achevé leur défaite. En cas contraire, Moreau se serait tellement rapproché de sa ligne de retraite , (pie pouvant choisir la route la plus favorable , 1 Archiduc ni Latour ne l'auraient jamais interceptée. Enfin , occupant un point central entre les différens corps ennemis , il se trouvait à portée de déjouer leurs combinaisons , de les battre en détail, et peut-être de donner une autre tournure à toute la campagne. Ce calcul semblait peu difficile à faire , supposé même le manque de renseignemens certains; car il connaissait les forces qnilui étaient opposées, et devait naturellement penser que E Archiduc n'amènerait avec lui qu'un petit nombre de troupes , et ne partirait qu’après avoir obligé Jourdan à repasser le Rhin.

Si Moreau avait dirigé Desaix de Heideck sur Noerdlingen, et s'était retiré un peu plus lentement le long du Danube , pour couvrir cette

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