‹ Vol 3Chapitre 16 sur 76 · LE PARADIS. CHANT VII · texte numérisé non relu

LE PARADIS. CHANT VII

diaire , car jamais ne s’efface le cachet de son empreinte.

« Ces créatures vivent libres , car elles ne sont pas soumises à l’action des choses nouvelles; plus elles réfléchissent leur ineffable auteur, plus elles lui plaisent.

« L’ardeur sainte rayonnant sur toute chose éclate plus dans celle où se peint le mieux son image. Or, l’humaine nature se distingue par ces dons immédiats.

«Si l’un deux s’éclipse, elle déchoit de sa noblesse; le péché la rend esclave et lui ôte sa ressemblance avec le bien suprême ;

« Elle ne reflète plus qu’à peine ses rayons, et ne remonte point à sa dignité native, si elle ne remplit le vide creusé par sa faute, ou n’expie par de justes peines de coupables plaisirs.

« Votre nature, quand elle prévariqua toute entière dans son germe, fut chassée de son rang comme du Paradis; deux seules voies s’ouvraient pour son rachat :

« Ou le pardon du Créateur ou l’expiation du coupable. Plonge tes regards dans l’abîme du conseil éternel, et tâche de bien saisir mes théorèmes.

« L’homme ne pouvait se racheter pleinement dans les limites de sa nature, car comment s’abaisser autant qu’il avait aspiré à s’élever par sa désobéissance.

« Le Créateur devait donc rehausser l’homme à sa dignité primitive par ses propres moyens, par l’une des deux voies ou par toutes les deux.

« Plus l’œuvre exprime la bonté de sa source, plus elle est chère à l’ouvrier. Ainsi, la divine excellence, type du monde, vous a réhabilité par toutes ses voies.

« Entre le premier jour et la dernière nuit, jamais œuvre plus magnifique et plus sublime ne s’exécuta ni ne s’exécutera par Lun ou par l’autre mode.

LA DIVINE COMEDIE

« Le pardon céleste n’eut pas égalé la grandeur de son holaucauste^et nulle offrande ne suffisait devant la justice, hors l’incarnation du fils de Dieu.

« Maintenant, j’éclaircirai , pour ta complète satisfaction, tes autres énigmes, et tu les comprendras comme je les comprends.

« Tu raisonnes de la sorte : « Je vois l’air, le feu, la terre et l’eau, se corrompre, avec tous leurs mélanges, et durer peu.

« Ces substances ont néanmoins été des créatures; si ta doctrine est véritable, elles devraient être incorruptibles. «

« Les anges, frère, et la région lumineuse où tu te trouves peuvent se dire créés, comme ils le sont en effet, dans l’intégrité de leur nature.

« Mais les éléments que tu as nommés et les choses qui en proviennent, une puissance créée leur imprime une forme.

« Créée la matière dont ils se composent, créée leur puissance formatrice dans ces astres qui roulent autour d’eux.

« L'àme des brutes et des plantes, composée de plusieurs puissances, tire des saintes étoiles l’étincelle et le mouvement.

« Au contraire, notre vie,, aspirant le bien suprême par sa vertu directe, s’en énamoure d’un désir perpétuel.

« Cette vérité t’enseigne de même votre résurrection, si tu médites comment naquit le corps humain,

« Le jour où furent animés les deux premiers parents. »

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