‹ Vol 3Chapitre 21 sur 76 · CHANT X · texte numérisé non relu

CHANT X

Dans son immortelle et vivante union d’amour avec son fils, la premièreet ineffable puissance anima l’univers.

Un ordre harmonieux modela toutes les merveilles embrassées par nos regards et notre intel.igence; nul n’admire l’œuvre du Créateur sans être inspiré de sa vertu.

Lève donc, lecteur, lève avec moi tes yeux vers les hautes régions, du côté où deux mouvements se croisent;

Et là j considère avec ravissement les ressorts dont le maître épris ne détourne jamais sa pensée vigilante.

Observe comme de cette ligne se détache le cercle oblique portant les planètes à notre globe qui les appelle.

Si elles décrivaient une route directe, plus d’une influence zodiacale deviendrait vaine, etpresque toute vie terrestre serait morte.

Si elles s’écartaient trop ou trop peu de la ligne droite, l’accord universel serait troublé en son cours.

Maintenant, lecteur, pour jouir sans te lasser, rêve paisiblement sur ton siège aux visions futures.

Je t’ai ouvert le festin; choisis tes aliments, car l’objet de mon cantique réclame tout mon art.

Le grand ministre de la nature, céleste nourricier du monde et lumineux régulateur du temps, tournait dans la spirale avec le Signe précédemment indiqué , là où se présentent plutôt les heures.

Un mouvement imperceptible m’y avait conduit : de même, avant qu’une idée soit éclose, on ne soupçonne pas son approche.

LA DIVINE COMÉDIE

Béatrice, déjà si resplendissante, et dont les soudaines transfigurations de plus en plus radieuses défient les termes de la durée, oh ! combien elle s’embellit dans le soleil où nous plongeâmes.

Comment sa beauté s’illumina, non par une couleur nouvelle, mais par un éclat plus vif encore, l’imagination ni l’art ne le retraceraient; que la foi donne la soif de goûter ce prodige !

Ne nous étonnons aucunement de ne pas comprendre les arcanes infinis, nous, penseurs chétifs, nous dont la vue ne dépasse point le disque roi.

Telle se déployait la quatrième famille dont le père suprême rassasie éternellement l’ardeur, en lui montrant par quels mystères il subsiste et engendre.

Et Béatrice : « Rends grâces au soleil des anges dont la mansuétude t’éleva vers ce soleil visible. »

Jamais paroles n’émurent davantage de transports fervents un cœur mortel, et tant mon amours’envola vers sa source, ma déité s’éclipsa dans l’oubü.

Un sourire effleura ses lèvres, et la splendeur de ses yeux souriants attira mon esprit vers plusieurs objets.

Vives et triomphantes, des lueurs saintes formèrent de nous un centre, d’elles-mèmes une couronne ; la magie de leurs voix surpassait l’éclat de leurs figures.

Telle la fille de Latone est couronnée d’un cercle, quand l’air imprégné de vapeurs garde le réseau de son diadème.

Dans la cour séraphique, d’où je reviens, étincellent- plusieurs Joies charmantes et admirables, dont le rubis ne se transplante pas ailleurs.

Ainsi le chant des clartés saintes : celui qui ne peut vêtir des ailes pour s’élancer là-haut enattendra donc la révélation d’un muet.

Page 1