‹ Vol 3Chapitre 37 sur 76 · LE PARADIS CHANT XVIII · texte numérisé non relu

LE PARADIS CHANT XVIII

Ainsi, dans leurs vêlements lumineux, les saintes créatures chantaient en volant et formaient tantôt un D, tantôt un I, tantôt une L.

D’abord en chantant elles se mouvaient en cadence; puis devenant un des signes, elles s’arrêtaient silencieuses.

O divinité Pégaséenne, tu illustres et tu éternises le génie , et par toi subsistent impérissablement les cités et les royaumes;

Illumine-moi de tes rayons, afin que je retrace les symboliques figures comme je les ai aperçues et que ta puissance éclate dans mes vers concis.

Les splendeurs composèrent donc cinq fois sept lettres et je remarquai leur ordre.

L’hiéroglyphe ardent offrait en latin pour premier exergue : Chérissez la justice. Et pour dernier : Vous qui jugez la terre.

Ensuite elles demeurèrent rangées dans l’M du cinquième mot, et Jupiter semblait d’argent diapré d’or.

Et d’autres lucioles descendirent au sommet de la lettre merveilleuse et s’y reposèrent en célébrant l’irrésistible attrait du bien, leur doux moteur.

Puis comme du choc des tisons incandescents surgissent d’innombrables étincelles, d’où les simples tirent des augures;

Plus de mille lueurs parurent jaillir et s’élever à des degrés divers, selon le rang assigné par le soleil qui les allume.

Et la brillante hiérarchie, dans son échelle, représenta distinctement la tète et le cou d’un aigle.

L’architecte souverain et sans guide modèle ces emblèmes, comme par sa vertu il répand la forme dans tous les nids.

Les autres bienheureux, dont le groupe dessinait sur l’M une couronne de lys, par un léger mouvement, achevèrent la figure de l’aigle.

LA DIVINE COMEDIE

O précieuse étoile, combien de superbes joyaux dans la sphère où luit ton diamant et d’où émane notre justice humaine !

C’est pourquoi je supplie l’intelligence, principe de ton mouvement et de ta force, d’examiner d’où provient la fumée dont tes rayons s’obscurcissent;

Je l’en supplie, afin qu’elle s’indigne de nouveau contre les acheteurs et les vendeurs du temple, cimenté par des miracles et des martyres.

O milice paradisale , adore pour ceux qui sont sur notre globe, tous déviés par l’effet du mauvais exemple.

Jusqu’à cette heure, on avait coutume d’acquitter la guerre avec l’épée; maintenant on la fait en ôtant ici et là le pain dont le père charitable ne refuse la dot à aucune créature.

Toi qui n’écris rien, sinon pour effacer, sache que Pierre et Paul morts pour la vigne dévastée par ton règne, vivent encore dans la vie éternelle.

Tu peux bien dire : « J’ai fixé ma dévotion sur l’apôtre anachorète, traîné au martyre pour prix d’une danse ;

« Et je ne connais ni Paul ni le pécheur.

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L Ai aïe e Toile du Paradis

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