‹ Vol 3Chapitre 7 sur 76 · LE PARADIS. CHANT II · texte numérisé non relu

LE PARADIS. CHANT II

« D’après ton hypothèse, la planète serait trouée en certaines pallies, ou comme un animal, présentant tour à tour la maigreur ou la chair grasse , elle changerait de pages dans son livre ;

" Les éclipses de soleil en fourniraient un autre témoignage, car ses rayons transperceraient la lune comme les autres corps raréfiés ;

« Au contraire, ils se brisent sur son orbe opaque et rejaillissent comme la couleur d’un verre doublé par une feuille de plomb.

« Le rayon , m’objecteras-tu, paraît ici plus obscur, parce qu’il se réfracte à une grande profondeur.

« Pour t’éclairer, consulte l’expérience, fontaine d’où découlent les ruisseaux de vos arts.

« Prends trois miroirs; places-en deux devant toi à distance pareille, le troisième, plus loin ; puis, fixe les yeux entre les deux premiers.

« Qu’une lumière , posée derrière toi, frappe les trois cristaux et s’y réfléchisse, tous trois resplendiront également, malgré la diversité de leur distance.

« Aux tièdes effluves du printemps reverdissent les lieux attristés par la froide et blanche neige ;

« Tel, ton esprit dépouillé maintenant de ses erreurs, va scintiller d’une clarté vive.

« Dans le ciel de la divine paix se meut un corps dont la vertu renferme l’essence vitale de tout ce qu’il enserre.

« Le second ciel, orné de nombreuses étoiles, distribue celte force vitale en diverses essences distinctes et contenues dans son cercle.

« Par des modes variés, les autres sphères dirigent leurs essences distinctes vers les fins et les causes prescrites.

« Les organes du monde procèdent donc de degrés en degrés; ils reçoivent d’en haut et ils transmettent au-dessous.

LA DIVINE COMEDIE

« Je te mène par la voie de la vérité, afin que tu apprennes à t’y conduire sans guide.

« Le mouvement et la vertu des sphères sacrées, attribue-les aux moteurs bienheureux, comme au forgeron l’œuvre du marteau ;

« Et le Ciel, embelli par tant de splendeurs, revêt l’image et garde le cachet de la profonde intelligence motrice.

« Comme l’àme s’infiltre' dans votre limon par divers membres et préside à leurs diverses fonctions,

« La suprême intelligence déploie, en tournant sur son unité, sa gloire bienfaisante multipliée par les étoiles.

« Chaque vertu s’allie avec le corps précieux qu’elle anime, et s’y attache comme la vie à vous.

« Et ces puissances, mêlées aux corps, brillent par la nature joyeuse dont elles dérivent, comme la joie dans une prunelle étincelante.

« De leur nature, émane la variété de leur éclat, non des corps denses et des corps rares ;

« Son principe formel enfante le clairet l’obscur. »

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