‹ Vol 3Chapitre 74 sur 76 · U PARADIS · texte numérisé non relu

U PARADIS

— Romuald, fondateur des Camaldules, né à Ravenne , dans le dixième siècle. — Satire stridente contre les vices des moines et leur trafic des parchemins. — Admirable invocation au signe des Gémeaux , sous lequel naquit le poète. — Dionée ou Vénus. — Le fils d’Hypérion ou le Soleil.

CHANT XXIII. — Le triomphe du christ. — On croyait alors les étoiles illuminées par la seule réflexion des rayons solaires. — L’auréole mélodieuse, dansant autour de Marie , semble une des figures de l’ange Gabriel. — Le neuvième ciel , ou premier mobile , cristallin , diaphane , selon le Convito.

CHANT XXIV. — Interrogatoire de dante par saint pierre. — Cet interrogatoire, par ses mystiques formules, rappelle les initiations antiques, perpétuées dans les sociétés secrètes du moyen âge. — Quoique saint Jean l’y eût précédé , le pieux vieillard entra le premier dans le sépulcre du Christ. — Primipile , titre du pape son successeur.

CHANT XXV. — Suite de la deuxième sphère. — Les apôtres. — Touchant début où le poète évoque autour de son œuvre et le ciel et la terre , c’est-à-dire la grâce divine et l’art humain , les muses et les images de la patrie, son beau baptistaire et son doux bercail , et la couronne de sa gloire à venir. — Jacques, emblème de l’espérance, comme saint Pierre de la foi, saint Jean de l’amour et de la charité; les trois vertus, par la bouche de ces trois interrogateurs, servent d’initiatrices aux élus. — Plusieurs supposaient que saint Jean devait exister en corps et en âme jusqu’au jugement dernier; Dante dément cette opinion. — Ébloui par la révélation vivante, il ne distingue plus la théologie ou Béatrice.

CHANT XXVI. — Interrogatoire du poëte par saint Jean. — Les patriarches. — Ananias rendit la vue à saint Paul. — Saint Jean a pour symbole un aigle.— Adam resta 4302 ans dans les limbes avant d’en être délivré par le Rédempteur; selon les interprètes de l’Écriture, il aurait vécu 930 ans, et habita le Paradis terrestre environ sept heures. — Du lever du soleil, première heure du jour , jusqu’à midi , la sixième, il y a un quart de cercle au cadran ; le soleil change de cercle, et l’heure qui vient après la sixième ou midi est à son tour la deuxième de ce quart de cercle.

CHANT XXVII. — Neuvième sphère ou premier mobile. — Les quatre splendeurs : Pierre, Jean, Jacques, Adam. — Apostrophe du premier contre les mauvais pasteurs, entre lesquels il désigne Boniface VIII, Jean XXII de Cahors , et ClémentV de Gascogne.— Lin et Clet, premiers pontifes, l’un né à Volterra, l’autre à Rome, tous deux martyrs.— Sixte, né à Rome , pape en 128 ; Pie d’Aquilée en 1S4 ; Caliste de Rome en 218 ; Urbain de Rome en 231. — A droite les guelfes , pontificaux; à gauche, les gibelins, réprouvés comme impériaux. — Des cardinaux commandaient les troupes dans ces guerres de factions.— Depuis l’instant où Dante avait regardé la terre , il s’était passé six heures , et il avait parcouru l’espace d’un quart de cercle, puisque les Gémeaux avaient tourné du méridien à l’occident ; il dominait donc perpendiculairement l’horizon de notre hémisphère, qui, selon la science de son temps, était le rivage de l’Espagne, au delà de Cadix ; il voyait la mer où s’aventura follement Ulysse , au delà du détroit de Gibraltar, et vers la partie orientale de la Phénicie, où Jupiter transformé en taureau enleva la fille d’Agénor. — Le signe du Taureau, placé entre celui des Gémeaux et le soleil, interceptait une partie de l’hémisphère oriental. — Le premier climat comprenait l’Arabie. — Avant que le calendrier ait subi la réforme grégorienne , luira l'ère de la justice ou l’epée de Can le Grand.

CHANT XXVIII. — Les célestes hiérarchies. — En automne, le Bélier gravitant à l’opposé de la Balance, où est le soleil , passe durant la nuit sur notre hémisphère.— Le troisième ternaire occupé par les déesses ou tribus aux noms féminins.— Grégoire le Grand intervertit l’ordre archangélique. —Saint Paul, ravi au ciel, révéla au pieux Denis l’aréopagite, son élève, ces mystères dont notre théogonie sera le livre, explicatif.

NOTES Dl PARADIS.

CHANT XXIX. — Enseignements de Béatrice. — Apostrophe contre les prédicateurs charlatans. — Les deux jumeaux de Latone : le Soleil et la Lune. — La Judée , selon la géographie du siècle , était au milieu entre l’Inde et l’Espagne ; une éclipse ne pouvait être visible à toutes trois. — Lapi et Bindi, noms communs dans Florence. — Un tel oiseau, c’est-à-dire le démon au lieu de la colombe.— Les frères de Saint-Antoine ou du tau, ainsi nommés du T blanc qu’ils portaient sur la poitrine , moines quêteurs , extorqueurs effrontés ; leurs porcs marqués comme eux du T , vaguaient librement dans les rues sous la protection de saint Antoine.

CHANT XXX. — Le ciel empyrée. — Triomphe des anges et des élus. — D’après les calculs astronomiques, le lieu où il est midi se trouve à une distance d’environ 6 milles, au moment où naît l’aube et où les étoiles pâlissent, et notre globe projette son ombrepresque horizontalement en forme de cône. —Les étincelles fleurent les anges, et les fleurs les bienheureux, ou plutôt les deux ordres de vérités spirituelles.— Le fleuve en longueur , la diffusion de Dieu dans les créatures parla grâce ; la rondeur, le retour de toutes choses à Dieu comme à leur fin. — Sur les gradins s’assoira Henri VH, élu empereur en 1308, couronné à Milan en 1311 , mort en 1313. — Allusion à Clément V , pape de 1305 à 1314; son châtiment parmi les simoniaqoes, où Boniface VIII s’enfoncera pour lui faire place , a déjà été prédit dans l’Enfer.

CHANT XXXI. — La rose mystique, symbole de l'Église primitive ou de la céleste Jérusalem. — H. Elice ou Calisto, la grande Ourse, tourne avec la petite nommée Bootès ou Arcture. — Saint Bernard en 1142 prêcha la croisade où combattit Cacciaguida. — Figure de la contemplation et de l’amour, il remplace Béatrice , figure de la science divine, parce que l’on ne peut voir Dieu par la science, mais parla contemplation et l’amour.— Le suaire sur lequel resta imprimée la face du Sauveur se conserve à Rome et s’appelle Véronique , de vera icon, véritable image.

CHANT XXXH. — Les deux cours bienheureuses décrites par saint bernard. — Eve, auteur de la blessure que guérit la Vierge en enfantant le Sauveur. — Ruth , bisaïeule de David. — Dans l’hémicycle de l’ancienne loi, où brillent les patriarches justes et les filles sages d’Israël, il n’y a point de siège vacant, car l’Ancien Testament ne sauve plus; l’autre , où trône Béatrice, figure de la science divine, vis-à-vis Raehel, figure delà contemplation, a des places réservées pour les élus futurs. — Les femmes forment la séparation entre les deux croyances ; elles séparent et unissent à la fois, liens de maternité, d’espérance et d’amour. — Saint Jean-Baptiste, mort deux ans avant le Christ, resta vingt et un mois environ dans les limbes en attendant sa venue. — A la moitié inférieure, d’un côté, les enfants circoncis, de l’autre les baptisés, sauvés par la grâce. — Ésaü et Jacob , les deux jumeaux , l’un avec la prédestination gratuite, l’autre non. — Saint Pierre, gardien de cette belle fleur, l’Église, sur terre, la cour divine, dans le ciel. — Saint Jean prédit dans l'Apocalypse les maux de la chrétienté.

CHANT XXXIII. — Prière a marie. — Les trois cercles divins. — Ils figurent les trois personnes ou les trois facultés suprêmes : la puissance, la sagesse et l’amour. — Dans le deuxième se réfléchit la face de l’homme ou l’humanité divine du Christ. — Comme le géomètre cherche la proportion entre le diamètre et la circonférence pour trouver la quadrature du cercle, Dante veut scruter comment la nature humaine s’unit à la divine; en pénétrant le mystère sublime de leur union , son essence mortelle s’efface , et son âme pure , absorbée en Dieu , moteur universel, s'encycle dans les doux orbites où l’amour meut le soleil et les autres étoiles, c’està-dire , les astres et les planètes , les anges et les esprits bienheureux.

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