‹ Volcans et Tremblements de TereChapitre 12 sur 80 · LES ILES ÉOLIENNES · texte numérisé non relu

LES ILES ÉOLIENNES

Ces petites îles, au nombre de sept, situées près la Sicile et nommées aujourd’hui îles Lipari, sont les anciennes Vulcanies , sur lesquelles régnait Éole, dieu des vents. La montagne d’IIiéra était consacrée à Vulcain, qui avait dans l’île son palais. Nous voyons par ces fables que le groupe des Éoliennes était à la fois célèbre par ses volcans et par des phénomènes météoriques très-fréquents dans cette partie de la Méditerranée.

Placées entre Naples et la Sicile , ces îles peuvent être considérées comme appartenant à un même système, à un même volcan sous-marin, aujourd’hui encore en activité par les orifices du Stromboli (Strongyle) et du Vulcano (lliéra). Avant de décrire ces deux volcans, nous jetterons un coup d’œil sur l’ensemble des îles, que M. Poulett Scrope recommande fortement à l’étude des géologues qui désirent se former par eux-mêmes une opinion sur les phénomènes volcaniques. »

Les anciennes « Forges de Yulcain » ont toutes des cratères à leurs sommets. Les navigateurs phéniciens, frappés des bruits qui en sortaient et qu’on entendait au loin, leur avaient donné le nom d’îles des Musiciens.

Les montagnes qui les forment sont presque entière-

ment composées d’énormes accumulations de lave dont les couches alternées atteignent jusqu’à plusieurs centaines de pieds. A Ustica, la présence de coquillages marins dans les couches] atteste la récente émersion de l’ile. Des sources d’eau chaude jaillissent du flanc des collines, et d’abondantes émanations gazeuses décomposent la roche des cratères.

M. Ch. Sainte-Claire Deville, dans une lettre adressée de Naples à M. Dumas, le 5 novembre 1855, décrit ainsi les îles Éoliennes :

« Les trois principales de ces îles, Lipari, Yulcano, Stromboli, offrent chacune un intérêt particulier. Ces deux dernières surtout présentent au géologue les enseignements les plus 1 précieux. Je me suis avancé dans le cratère de Stromboli aussi loin qu’on peut le faire sans témérité. Comme mes prédécesseurs en ce lieu , Spallanzani , Poulett Scrope , j’ai été abandonné par mes guides et j’ai dû m’aventurer seul ; mais j’ai été pleinement récompensé. Du point que j’ai atteint, mes regards plongeaient presque verticalement au-dessus de la cheminée où Spallanzani a vu alternativement monter et descendre la lave en fusion, et je distinguais, à un petit nombre de mètres, la couche d’où s’élance, toutes les dix minutes environ et avec un bruit qui, à cette faible distance , a quelque chose de saisissant , une colonne de vapeur entraînant avec elle , à une grande hauteur, des pierres incandescentes qui retombent en partie dans la bouche elle-même, en partie sur sa pente extérieure. Néanmoins les vapeurs qui étaient repoussées par un vent de N.-O. ont gêné considérablement mes observations, et je ne saurais trop

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recommander aux géologues de choisir, pour bien jouir de ce spectacle, un vent du sud.

« Yulcano est peut-être le point volcanique le plus curieux de la Méditerranée. Il présente un double intérêt ; c’est un des volcans de soulèvement les plus parfaits qu’on puisse voir ; au point de vue de la géologie chimique, c’est la plus belle solfatare qui existe... Il n’y a pas de spectacle plus saisissant que celui que présente la nuit le fond de cet immense entonnoir, d’où l’on voit s’élever, par un grand nombre de soupiraux situés au pied et sur toute la surface d’un monticule, la llamme bleuâtre du soufre en combustion. »

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