COULÉES DE LAVE
Les fiords d’Irlande, semblables à ceux qui dentèlent les côtes granitiques de l’Lcosse et de la Norwége,
ont été formés par d’énormes coulées de lave que l’action des forces souterraines a soulevées et fendues. Ces immenses crevasses, qui élèvent leurs couches puissantes à de très-grandes hauteurs au-dessus de la mer, offrent, par suite des éboulemcnts et des dégradations de la roche, l’aspect de murailles crénelées, de grandes pyramides, de monuments et de ruines. Au sud de l'île, les colonnades basaltiques-, les cavernes et les arches naturelles de Stapi rappellent les plus curieuses formations de l’Irlande et la belle grotte d’Antrim dans les Orcades. Cette couche de basalte, située à la base du Snæfclls-Jokull, supporte une montagne, appelée Kambeil, qui ressemble à une immense cathédrale gothique. D’autres roches ont l'apparence de murs cyclopéens, de cirques, de tours féodales, de sphinx, et annoncent d’a • vance au navigateur tout ce que l’île renferme d’étrange et de merveilleux.
Dans son remarquable ouvrage sur l’Islande 1 , M. Krug de Kidda donne une pittoresque description des fiords : « Ces golfes, qui n’ont souvent qu’un demimille de largeur, s’étendent jusqu’à 5 ou 6 milles de longueur dans les montagnes, où ils sont entourés de tous côtés de rochers à pic, qui s’élèvent à une hauteur considérable. La moitié supérieure de ces gigantesques murailles, couvertes de neiges éternelles, reste cachée dans d’épais nuages : là plus de trace de vie, tout est mort et solitude ; aucun homme, rien d’humain au milieu de ces masses entassées par la nature ; pas de forêts, pas d’arbres, des roches nues et en général trop
1 Description ijéognostiquc.
L'ISLANDE
escarpées pour donner prise à la végétation la plus humide; pas d autre bruit que le brisement de la mer répété par les échos ; pas d’autre mouvement que celui des torrenls alimentés par les neiges et qui sillonnent les flancs des rochers comme des rubans argenlés. »
« J’ajouterai, pour ma part, dit M. E. Robert après avoir reproduit ce fragment, que vers l’heure de minuit, à l’époque de l’année où le soleil est toujours audessus de l’horizon dans les contrées septentrionales, et lorsque l’atmosphère est d’une pureté et d’un calme parfaits, il règne au fond des mêmes fiords un jour mystérieux, indéfinissable, que je n’ai \u nulle part ailleurs qu’en Islande : on dirait alors autant de sanctuaires où la nature se repose. »
VOLCANS DE L’ATLANTIQUE
Ile de Jan-Mayen. — L’Esk et le Beorenberg. — Formations volcaniques de la mer du Nord. — Volcans des Açores cl de-. Canaries. — Pic de TénérilTe. — Éruptions de 1701 et 1708. — Les Hespcries. — lies du Cap-Vert. — L’Ascension de Sainte-Hélène. — Région volcanique sous-marine. — Volcans des Antilles. — Éruption du Morne-Garou. — Influence des mers.