ILES OU CAP-VERT — L'ASCENSION — SAINTE-HÉLÈNE
Avant de continuer notre excursion à travers l’Atlantique, nous mentionnerons comme un fait remarquable la rareté des volcans actifs sur le littoral de l’Afrique. Les îles volcaniques d’Annobon, de Saint-Thomas, des Princes et de Fernando-Po sont cependant situées, suivant Humboldt , sur une ligne dirigée vers la chaîne des monts Cameroun , dans laquelle une éruption de lave a été observée, en 1838, sur le volcan Mongo-ma- Leba.
Les îles du Cap-Vert paraissent loutcs d’origine volcanique. Le pic de Fuego , aujourd’hui encore en activité, s’élève à une hauteur de 2,600 mètres; ses dernières éruptions datent de 1783 et 1799. De vastes cratères, de hautes falaises composées de couches basaltiques, des cônes de scories, des courants de lave attestent l’ancienne action volcanique dans les autres parties de cet archipel. Le pic de Fuego, comme le Stromboli, a lancé des flammes sans interruption de 1680 à 1713.
L’Ascension et Sainte-Hélène , entièrement volcaniques, sont couvertes de masses de lave et de débris lancés dans les dernières éruptions. Parmi les débris, l’Ascension présente, autour d’un vaste cratère béant, une grande quantité de bombes volcaniques qui n’ont
l»i VOLCANS ET TREMBLEMENTS DE TERRE.
pas moins do. 10 pouces de diamètre. Ces bombes sont produites par le mouvement de rotation imprimé à quelques-unes des parties liquides de la lave lancées en l’air par les cratères. Dans la dernière éruption du Kotlugaia, en 1860, « un jet de boules de feu ou bombes volcaniques s’éleva la nuit à une hauteur de 7,200 mètres au moins, puisqu’on la vit à 288 kilomètres en mer. On entendit éclater plusieurs de ces bombes à 1 60 kilomètres de distance. Il faut donc que la surface de ta masse globulaire de lave liquide se consolide à mesure qu’elle s’élève avec un mouvement rotatoire; il est très-probable que l’expansion des gaz arrivant dans l’atmosphère raréfiée à une très-grande hauteur, est la cause principale de ces violentes explosions. » (Poulett Scrope.)
Suivant Darwin (Volcanie Islaruls), Sainte-Hélène est formée par un vaste cirque dont les remparts basaltiques tracent autour de l’île une enceinte de noires falaises d’une hauteur perpendiculaire de 50 à 600 mètres. Ce cirque est le dernier vestige d’un énorme volcan , presque entièrement comblé par les éruptions d’un volcan plus moderne dont le cratère forme un précipice creusé à pic dans la chaîne centrale de l’île.
À Tristan-d’Acunha, au milieu d’un groupe de petites îles volcaniques, on retrouve aussi le cratère d’un volcan qui s’est élevé dans le cratère d’un volcan beaucoup plus ancien.
Parmi les îles volcaniques situées dans l’océan Atlantique austral, nous citerons celle de la Déception, que l’on a vue, au mois de février -1 842, vomir des flammes
VOLCANS DE L’ATLANTIQUE
sur treize points différents disposés en cercle , et les îles d’Amsterdam et de Saint-Paul , contenant toutes deux des cratères en activité.