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ERUPTIONS DE 1631, 1737, 1822 ET

Depuis 79, il existe des indications d’éruption dans les années 204, 472, 512, 085, 995, 1036, 1156.

1 Pompéi et les Pompéiens.

LE VÉSUVE

Celle de 1136 fut très-violente, mais le volcan se reposa ensuite pendant près de cinq cents ans. Au commencement du dix-septième siècle, le sommet avait la forme d’un large bassin qui, d’après le témoignage des voyageurs, était couvert de vieux chênes, de châtaigniers et d’érables.

Pendant le mois de décembre 1631, le volcan s’ouvrit au-dessus du vaste fossé qui sépare le cratère de la Somma, et qu’on appelle l’Atrio del Cavallo. Une grande partie, de la montagne s’écroula, et l’éruption se termina par une coulée de lave qui alla s’éteindre dans la mer, près de Portici, après avoir brûlé les maisons et les arbres sur son passage. Le volcan se ralluma en 1660, et subit de grands changements de formes par des éruptions successives jusqu’en 1685. Les années 1707 et 1724 marquent ensuite des périodes d’activité.

Au mois de mai 1757, la montagne jetait beaucoup de fumée, et du 16 au 19, on entendit dos mugissements souterrains accompagnés de bruyantes détonations. « La lundi, 20, à neuf heures du matin, le volcan fit une si forte explosion, que le choc fut sensible à plus de 12 milles à la ronde. Une fumée noire mêlée de eendres parut s’élever tout d'un coup en vastes globes ondoyants, qui se dilataient en s’éloignant du cratère. Les explosions continuèrent très-fortes et très-fréquentes toute la journée, lançant de grosses pierres au milieu des tourbillons de fumée et de cendres, jusqu’à un mille de hauteur.

« À huit heures du soir, au milieu du bruit et d’affreuses secousses, la montagne creva sur la première plaine, à un mille de distance du sommet, et il sortit

un vaste torrent de feu de la nouvelle ouverture : dès lors toute la partie méridionale de la montagne parut embrasée. Le torrent coula dans la plaine au-dessous, qui a plus d’un mille de longueur et près de 4 milles de largeur. Il s’élargit bientôt de près d’un mille, et à la quatrième heure de la nuit il atteignit l’extrémité de la plaine et le pied des monticules qui sont du côté du sud. Mais ces monticules étant composés de rochers escarpés, la plus grande partie du torrent coula dans les intervalles de ces rochers, parcourut deux vallons, et tomba successivement dans l'autre plaine qui forme la base de la montagne. Après s’y être réuni, il se divisa en quatre branches, dont l’une s’arrêta au milieu du chemin, à un mille de Torre del Greco; la seconde coula dans un large vallon ; la troisième finit sous Torre del Grcco, au voisinage de la mer, et la quatrième à une petite distance de la nouvelle bouche.

« En même temps qu’elle s’ouvrait, celle du sommet vomissait une grande quantité de matière brûlante, qui se divisant en torrents et en petits courants, se dirigea en partie vers le Salvadore et en partie vers Ottajano ; on voyait, en outre, des pierres ardentes s’élancer du haut de la montagne au milieu d’une épaisse fumée accompagnée d’éclairs et de tonnerres fréquents.

« Les vomissements enflammés continuèrent jusqu’au mardi, et ce jour l’éruption des matières fondues, les éclairs et le bruit cessèrent ; mais un vent de sud-ouest s’étant mis à souffler fortement, les cendres furent chariées en grande quantité jusqu’aux extrémités du royaume. Dans quelques endroits elles étaient très-fines, dans d’autres grosses comme du gravier. Dans le voisi-

Fig. 2. — Éruption du Vésuve en 1757.

LE VESUVE.

nage du Vésuve, on éprouva non-seulement la pluie de cendres, mais encore une grêle de pierres ponces et autres.

« La fureur du volcan ayant commencé à s’apaiser le mardi au soir, le dimanche suivant il n'y avait presque plus de flammes à la bouche supérieure, et le lundi on ne vit que peu de fumée et de cendres. 11 commença de pleuvoir abondamment ce jour-là, et la pluie continua le mardi et plusieurs jours ensuite, circonstance qui a constamment accompagné les éruptions.

« Les dommages occasionnés dans le voisinage par cette éruption de feu et de cendres sont incroyables. A Ottajano, situé à 4 ou 5 milles du Vésuve, les cendres avaient quatre palmes de hauteur sur le terrain. Tous les arbres furent brûlés. Les habitants étaient dans la consternation et l’effroi, et beaucoup de maisons s’écroulaient écrasées sous le poids des cendres et des pierres 1 . »

C’est près deTorre del Greco qu’en 1797 une rivière délavé, large de 1,500 pieds, haute de 14, courut 5 milles et demi, puis s’avança à 600 pieds dans la mer. L’ambassadeur anglais, sir William llamilton, qui a laissé d’intéressantes études sur le Vésuve, monta dans une barque, et se fit conduire auprès de cette muraille ardente. « À 300 pieds à la ronde, dit-il, la lave faisait fumer et bouillonner l’eau, et jusqu’à 2 milles au delà les poissons périrent. »

En 1822, l’éruption fut précédée par un affaissement * du sommet. Le cône, qui avait été soulevé sur le sol du

1 Transactions philosophiques.

cratère à la hauteur de 200 mètres, et qui apparaissait au-dessus des bords, s’écroula dans la nuit du 22 octobre avec un horrible fracas. « La nuit suivante, dit Humboldt, commença l’éruption ignée des cendres et des rapilli *. Elle dura douze jours sans interruption : les quatre premiers jours elle avait atteint son maximum. Pendant ce temps, les détonations dans l’intérieur du volcan furent si violentes, que le simple ébranlement de l'air (on n’avait senti aucune secousse du sol) fit éclater les plafonds des appartements du palais de Portici.

« La vapeur d’eau chaude qui s’élevait du cratère se condensait, au contact de l’atmosphère, en un nuage épais, haut de 9,000 pieds. Cette condensation si brusque de la vapeur et la formation même de nuage augmentaient la tension électrique. Des éclairs sillonnaient en tous sens la colonne de cendres, et on entendait distinctement le roulement du tonnerre, sans le confondre avec le fracas intérieur du volcan. Dans aucune autre éruption l’électricité ne s’était manifestée d’une manière aussi frappante. »

En 1850, la lave sortit du cratère avec une abondance extraordinaire, entraînant de très-grands blocs graniteux. Les bords du vaste plateau formé par ce courant constituent une sorle de rempart cyclopéen élevé de plus de 5 milles au-dessus de la plaine où le torrent s’est arrêté.

De 1855 jusqu’en 1858, le Vésuve, a été en éruption continuelle. A la fin de mai et au commencement de juin de cette dernière année, le phénomène se mani-

1 Fragments de pierres poreuses incandescentes.

LE VESUVE.

festa avec une très-grande violence. Dans l’espace de deux jours, cinq fissures vomissant une énorme quantité de laves et de fumée s’ouvrirent sur les lianes du cône. La figure ci-contre, qui reproduit un dessin fait à cette époque, représente plusieurs de ces fissures situées près de la hase au moment de leur plus grande

Fip. 3. — Éruption du Vésuve en 1858.

activité. C’était un magnifique spectacle au milieu delà nuit. Les laves formèrent de larges fleuves qui se divisèrent en plusieurs branches. M. Palmieri, directeur de l’observatoire construit sur le Vésuve, a soigneusement décrit tous les phénomènes de cette éruption, ainsi que ceux qui accompagnèrent, en 1861 , la violente éruption de Torre del Greco.

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