‹ Volcans et Tremblements de TereChapitre 32 sur 80 · VOLCANS DU MEXIQUE — LES MALPAYS · texte numérisé non relu

VOLCANS DU MEXIQUE — LES MALPAYS

Du Soconusko, qui termine la chaîne de l'Amérique centrale, jusqu’au système tout différent qui caractérise le Mexique, on ne trouve aucune formation volcanique dans un parcours de 40 milles. Tous les pics qui composent ce système paraissent alignés comme s’ils étaient sortis par une crevasse unique , longue de 00 milles, dans une direction perpendiculaire à celle de la grande chaîne de montagnes qui traverse le Mexique du nord au sud. Ce parallèle de volcans, comme l’appelle Humboldt, n’oscille que de quelques minutes autour du parallèle géographique de 19°. On a remarqué,

en outre, qu’en prolongeant celte ligne de 110 milles* à l'ouest des côtes de l’océan Pacifique, elle rencontre les îles Revillagigedo, dans le voisinage desquelles surnagent souvent des pierres ponces en grande quantité* et que plus loin elle aboutirait au grand volcan de Mauna-Roa, dans une des îles Sandwich. De semblables correspondances indiquent probablement des traces de dislocation de l’écorce du globe, conformément à une théorie géologique dont nous aurons à parler.

Des six volcans mexicains, l’Orizaba, le Toluca, le Tuxtla, le Popocatepell, le Jorullo et le Colima, les quatre derniers sont encore en activité, ou ont eu des éruptions dans les temps historiques. En outre, sur le plateau où ils s’élèvent, on trouve en plusieurs endroits, à la surface du sol, de vastes champs de lave entièrement déserts, auxquels les habitants donnent le nom significatif de malpays , et qui témoignent de l’extrême énergie des forces souterraines.

Une semblable couche dénudée est située à l’ouest de Pucbla, au pied du volcan de Popocatepetl. Elle a 6 kilomètres de long sur 2 de large, et est élevée de 20 à âO mètres au-dessus de la plaine limitrophe. Des blocs de lave noire, quelquefois dressés debout, et semés çà et là de couches de ponce jaunâtre et de quelques maigres lichens, offrent un aspect horriblement sauvage. Ces masses énormes ne paraissent pas être le résultat u’épanchements latéraux. « 11 est probable, dit Hum boldt, que lors du soulèvement des montagnes, le plissement du sol a produit, sur un vaste espace, des failles longitudinales et des réseaux de failles, d’où sont sorties directement des matières en fusion, tantôt sous la

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forme de masses compactes, tantôt sous celle de laves scorifiées, sans qu’il se soit formé des échafaudages de montagnes, c’est-à-dire des cônes couverts ou des cratères de soulèvement. »

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