LES COMPAGNONS DE CORTEZ SUR LE POPOCATEPETL
On lit dans les récits de Cortez qu’ayant été trèsfrappé par la vue du Popoeatcpetl toujours enflammé, il envoya ses courageux compagnons jusqu’au sommet, « pour découvrir le secret de la fumée, » secret dont il voulait faire part à Charles-Quint. Cet épisode est ainsi raconté par l’historien W. Prescott 1 : « Les Espagnols défilèrent entre les deux plus hautes montagnes de l’Amérique septentrionale, Popocatepetl « la montagne qui fume, » et Iztaccihuatl, ou « la Femme blanche, » nom suggéré sans doute par l’éclatant manteau de neige qui s’étend sur sa large surface accidentée. Une superstition puérile des Indiens avait déifié ces montagnes célèbres, et Iztaccihuatl était, à leurs yeux, l’épouse de son voisin plus formidable. Une tradition d’un ordre élevé représentait le volcan du nord comme le séjour des méchants chefs, qui, par les tortures qu’ils éprouvaient dans leur prison de feu, occasionnaient les effroyables mugissements et les convulsions terribles qui accompagnaient chaque éruption. Ces légendes superstitieuses avaient environné la montagne d’une mysté-
1 Histoire de la conquête du Mexique, liv. III.
rieuse horreur qui empêchait les naturels d'en tenter l'ascension; c’était, il est vrai, à ne considérer que les obstacles naturels, une entreprise qui présentait d’immenses difficultés.
« Le (jrand volcan , c'est ainsi qu'on appelait le Popoeatepetl, s’élevait à la hauteur prodigieuse de 17,852 pieds au-dessus du niveau de la mer, c’est-à-dire à plus île 2,000 pieds au-dessus de la plus haute sommité de I Europe. Ce volcan a rarement, pendant le siècle actuel, donné signe de son origine, et la « Montagne qui fume » a presque perdu son titre à cette appellation. Mais à l’époque de la conquête, il était souvent en activité, et il déploya surtout ses fureurs dans le temps où les Espagnols étaient à Tlascala, ce qui fut considéré comme un sinistre présage pour les peuples de l’Anahuac. Sa cime, façonnée en cône régulier par les dépôts des éruptions successives, affectait la forme ordinaire des montagnes volcaniques lorsqu’elle n’est point altérée par l’affaissement intérieur du cratère. Élevée dans la région des nuages, avec son enveloppe de neiges éternelles, on l’apercevait au loin de tous les points des vastes plaines de Mexico et de Puebla ; c’était le premier objet que saluait le soleil du matin, le dernier sur lequel s’arrêtaient les rayons du couchant. Cette cime se colorait alors d’une glorieuse auréole, dont l’éclat contrastait d’une manière frappante avec l’affreux chaos des laves et des scories, et l’épais rideau de pins funéraires qui entouraient sa base.
« Le mystère même et les terreurs qui planaient sur le Popocatepetl inspirèrent à quelques cavaliers espagnols, bien dignes de rivaliser avec les héros de'roman
Fig. 54. — Cratère du PopocatepelJ.
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