‹ Volcans et Tremblements de TereChapitre 62 sur 80 · VOLCANS DE BOUE. — SOURCES ET PUITS DE FEU SOURCES THERMALES · texte numérisé non relu

VOLCANS DE BOUE. — SOURCES ET PUITS DE FEU SOURCES THERMALES

Volcan' de bouc. — Salscs de Taman et de Turbaco. — Source;, et Iles de boue. — Montagnes ardentes. — Sources et puits de feu. — Le Cauca'e. — , Feu de Bakou. — Puits de bitume. — Sources thermales. — Geysers de la .Nouvelle-Zélande. — Le Te-Ta-Bata. — Influences des sources thermales.

VOLCANS OE BOUE

Un grand nombre de salses paraissent se rattacher aux volcans éteints et en représenter une dernière phase. Les masses énormes de boue produites par leurs éruptions sont, sur certains points, assez considérables pour former des montagnes. Quelquefois des volcans encore actifs donnent naissance à ce phénomène, ainsi qu’on l’a vu en 1797 près de Quito. L’explosion commença par un tremblement de terre qui ébranla le pays sur une étendue de 1 70 lieues du sud au nord et de 140 de l’ouest à l’est. Au centre de cette zone, quantité de villages furent renversés ou ensevelis sous les boues descendues du sommet des montagnes volcaniques. Nous

avons déjà donné la description de cette catastrophe qui ne laissa pas une maison debout dans le vaste espace ébranlé autour de la ville de Riobamba. Des torrents de boue s’échappèrent de la base du volcan de Tunguragua, et formèrent des courants qui, dans les vallées, s’élevèrent jusqu’à 000 pieds de hauteur. La boue déposée par eux, barrant le cours des rivières, donna naissance à des lacs. Ces torrents boueux proviennent fréquemment de la fonte des glaces et des neiges qui couvrent les cratères, ou encore de la condensation des énormes quantités de vapeur qui se dégagent par la bouche du volcan, et retombent en pluie, mêlées aux cendres qu’elles entraînent.

A l’extrémité nord-ouest de la chaîne du Caucase, la presqu’île de Taman et la partie orientale de la Crimée offrent un assez grand nombre de collines qui ne sont évidemment que d’anciens volcans boueux.

L’une des salses de Taman a fait éruption le 27 février 1 795. A la suite de fortes détonations souterraines, une colonne de feu, à demi voilée dans une épaisse vapeur, s’est élevée à plusieurs centaines de pieds, accompagnée d’une abondante émission de boue et de gaz.

En Islande, de nombreuses sources de boue s’élancent du milieu de petits bassins semblables à des cratères.

Sur le continent américain, un des plus remarquables groupes de salses est situé près du charmant village de Turbaco, à 2 milles et demi de Carthagène, dans la Nouvelle-Grenade. La description en a été donnée par Humboldt, et, plus récemment, par M. Vauvert

VOLCANS DE BOUE

de Méan. Les vokancitos , au nombre de dix-huit ou vingt, s’élèvent au milieu d’une plaine déserte, qu’entoure une grande forêt de palmiers, et que dominent, à l’horizon, les hautes cimes neigeuses de Santa Maria. Les éruptions de gaz et de houe sortent, comme à Taman, du sommet de petits cônes tronqués formés de terre glaise, qui ont 6 et 8 mètres de hauteur, et 60 et 80 mètres de diamètre à la base. La partie supérieure de l’entonnoir est remplie d’une houe liquide, constamment agitée par le dégagement de grosses bulles de gaz qui en sortent avec violence. Près des ouvertures, on entend par intervalle des détonations sourdes qui précèdent les éruptions. Les observations faites depuis Humboldt prouvent que les émanations gazeuses subissent des changements chimiques, et le même fait a été constaté pour les salses de Taman.

En 1859, une puissante éruption de flammes et un bouleversement du sol accompagnèrent la disparition du cône volcanique placé sur le cap Galera-Zamba, à . 8 milles de Carthagène. L’élroite langue de terre qui formait le cap fut ainsi séparée du continent par un canal de 50 pieds de profondeur. Au mois d’octobre 1 848, une nouvelle et formidable éruption ignée se produisit à l’endroit même de la rupture ; une île fut soulevée du fond de la mer voisine et disparut peu de temps après. Tout porte à croire que le volcan sous-marin de Galera- Zamba est le principal foyer du phénomène des salses dans la province de Carthagène, où il existe des centaines de cônes vomissant de l’argile salée sur une surface de 400 lieues carrées. Plus de 50 volcancitos , semblables à ceux de Turbaco, entourent maintenant, dans un

rayon de 4 à 5 milles, la presqu’île de Galera-Zamba.

A Java et dans plusieurs autres îles de l’archipel Indien, il existe des salses semblables à celles de Turbaco. Les gigantesques volcans de Java vomissent fréquemment des torrents de boue qui dévastent la contrée et qui paraissent provenir des profondeurs souterraines, ou quelquefois du mélange de prodigieuses quantités de cendre avec le contenu des cratères-lacs, revêtus à l’intérieur d’une couche impénétrable à l’eau, formée par des cendres et des conglomérats. On en trouve aussi qui sont creusés dans le granit, le basalte ou autre roche dure et massive. La formation de ces grands bassins en forme de coupe est attribuée, par M. Poulett-Scrope, aux puissantes explosions des bulles énormes qui se forment à la surface d’un réservoir de lave très-liquide, lorsqu’une masse de vapeur, à un haut degré de tension, s’élève des profondeurs et fait entrer, pour ainsi dire, la lave en ébullition. Dana, à Hawai, et Darwin dans les Galapagos, ont observé des bulles de plusieurs mètres de diamètre, et il n’est pas impossible que ces bulles aient pu quelquefois se réunir en une seule ampoule colossale à la surface de la lave.

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